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AFFAIRE LEGERET 2015

  L’automne passé, PJ Investigations révèle la liaison secrète entre deux juges cantonaux vaudois.

Celle-ci entraîne un vice de forme dans l’affaire Légeret.

Son avocat dépose une « requête de révision pénale », écartée voici un mois.

L’enquête? Une vague lettre où la juge incriminée se dit innocente.

Et c’est tout ? Oui, c’est tout…

Dans la Justice vaudoise, les affaires graves se jugent «entre amis». En voici une nouvelle preuve tellement flagrante et tellement énorme qu’elle nous laisse sans voix, mais pas sans mots !

Résumons. Suite à la découverte par PJ Investigations d’une liaison secrète entre deux juges cantonaux vaudois, nous avons établi que ces deux magistrats auraient dû se récuser dans l’affaire François Légeret, lors de sa condamnation à la prison vie, accusé d’avoir assassiné sa mère Ruth, une amie de celle-ci et sa soeur Marie-José, dont on a jamais retrouvé le corps. (http://www.pjinvestigation.ch/?p=344)

Obligée d’enquêter

Suite à ces révélations, François Légeret et son avocat Me Lob ont produit une «Requête de révision pénale» en date du 27 octobre 2014, pour faire la lumière sur cette histoire. But de la demande : établir si les deux juges, M. Philippe Colelough et Mme Yasmina Bendani étaient déjà des amis plus qu’intimes en 2010, lors du jugement en Cour de cassation durant lequel la Juge Bendani a confirmé le jugement du juge Philippe Colelough qui, lors d’un deuxième procès à Lausanne avait condamné F.L. en suivant mot à mot les réquisitions du Procureur Cottier. (http://www.pjinvestigation.ch/?p=1590)

Si c’est le cas, toute l’affaire Légeret doit être rejugée depuis le début !

Cela signifie que la Cour d’appel du Tribunal cantonal, présidée par la Juge Sandra Rouleau, était obligée d’enquêter sur les soupçons de collusion entre les deux amants qui, en aucun cas, n’ont le droit de traiter d’une même cause si leurs liens sont trop proches. Et si c’est le cas, toute l’affaire Légeret doit être rejugée depuis le début !

Et voici la  réponse de la juge Yasmina Bendani en date du 13 mars 2015 :

(détermination Y.Bendani du 13.3.2015)

Selon la juge Bendani, elle «n’a rencontré Philippe Colelough qu’à une unique reprise, soit lors de la cérémonie d’assermentation des 9 juges élus, le 4 mai 2010. Je ne l’avais jamais vu auparavant.»

Pas la moindre relation?

Autrement dit, selon sa version, leur idylle n’aurait commencé qu’à leur prise de fonction de juges cantonaux au 1er janvier 2011. Autrement dit encore, lors du jugement en cassation en octobre 2010, la juge Bendani n’avait pas eu la moindre relation avec le juge Colelough depuis la cérémonie d’assermentation en mai 2010. Ce qui lui permet d’affirmer dans sa détermination : « Je ne connaissais donc absolument pas le prénommé (Ph. Colelough) lors des différents jugements pénaux prononcés contre François Légeret en 2010. Partant, je n’avais aucun motif de me récuser dans le cadre de cette affaire».

Ils se sont fait chopper en 2014 et le Président du Tribunal cantonal vaudois, très embêté, s’est contenté de la démission du juge Colelough.

On prend note mais on constate qu’après 2011, les juges Colelough et Bendani ont bel et bien siégés ensemble, alors que leur devoir aurait été de se récuser. Ils se sont fait chopper en 2014 et le Président du Tribunal cantonal vaudois, très embêté, s’est contenté de la démission du juge Colelough, pour le recaser illico comme juge pénal à un niveau inférieur !

Une vraie enquête!

Les agissements coupables des deux amants devraient entraîner une véritable enquête sur la date du début de leur relation. Les ex conjoints des deux juges devraient être entendus, tous les juges vaudois qui auraient pu être au courant de cette liaison devraient être sommés de témoigner sous serment et les organes parlementaires vaudois habilités à surveiller l’ordre judiciaire devraient se sentir obligés d’ouvrir un enquête.

La justice, au mépris des citoyens, se contente d’une vague lettre d’une juge qui, effectivement, n’a pas de raison de se dénoncer elle-même.

Malheureusement, nous sommes en terres vaudoises, où la justice, au mépris des citoyens, se contente d’une vague lettre d’une juge qui, effectivement, n’a pas de raison de se dénoncer elle-même et a déjà prouvé dans cette affaire tout son mépris pour les institutions qu’elle a la charge de protéger.

Nous ne lâcherons pas l’affaire et si la justice et les institutions vaudoises continuent de faire la sourde oreille, nous interpellerons, un à un, tous les acteurs de cette honte judiciaire.

Patrick Nordmann

Auteur
Patrick Nordmann Spécialisé dans les affaires judiciaires, je suis toujours curieux des dysfonctionnements de nos institutions publiques et privées et avide de connaître les très bonnes mauvaises raisons qu’elles ont de ne pas accomplir leur travail, surtout si le contribuable (qui est leur patron) est victime de leur incompétence structurelle ou malicieuse.


11/04/2015

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