Les policiers genevois ont patrouillé toute la nuit, à la recherche notamment de plusieurs individus. Jeudi, Pierre Maudet affirmait à la RTS que les suspects avaient "des intentions délictueuses". 

Le niveau de vigilance reste élevé vendredi et les policiers ont renforcé leur présence et leurs contrôles aux abords des lieux sensibles du canton, comme avait notamment prévenu le Département de la sécurité et de l'économie (DSE) du conseiller d'Etat Pierre Maudet jeudi. Selon un agent de sécurité des Nations unies, cité par Reuters, "quatre hommes" seraient recherchés, mais le DSE ne confirme pas ce nombre. 


A son tour, Genève
De source policière française, on précise qu'il n'y a pas de lien direct avec les attentats du 13 novembre qui ont fait 130 morts à Paris et à Saint-Denis. Interrogé dans l'émission Forum et le 19h30, le conseiller d'Etat en charge du DSE Pierre Maudet rappelle qu'il s'est engagé à être le plus transparent possible sur les mesures prises à Genève. "Le niveau de vigilance a été élevé par des mesures visibles ou non visibles (...) la situation sera évaluée de manière continue." 

Commentaire : La ville la plus protégée du monde, sûrement à cause de ses banques, menacée de terrorisme ? Encore une fois, un état d'urgence et de menace terroriste qui oppresse la population, causant peur et inquiétude. La sécurité des coffres-forts commence désormais dans la rue... 

Pas dans la situation de Bruxelles 

S'agissant du message à donner à la population, le conseiller d'Etat déclare: "Nous ne sommes pas dans le cas de figure de Bruxelles, mais la Suisse n'est pas plus à l'abri qu'un autre pays et Genève particulièrement en raison de son activité internationale.

Sur la base des informations de la police genevoise, le Ministère public du canton de Genève a annoncé par ailleurs dans un communiqué avoir ouvert jeudi après-midi une procédure pénale pour "actes préparatoires délictueux". L'enquête est dirigée par Olivier Jornot, procureur général, et Yves Bertossa, premier procureur. Plus tard dans l'après-midi, c'était au tour du Ministère public de la Confédération (MPC) d'annoncer qu'il avait lui aussi ouvert une enquête. 

Conférence sur la Syrie déplacée 

Des investigations sont actuellement menées pour interpeller les individus suspects qui pourraient se trouver à Genève ou dans la région genevoise. Les services nationaux et internationaux sont mobilisés, indique le DSE. Les informations alarmantes à l'origine des mesures renforcées de sécurité auraient été transmises par les renseignements américains aux autorités suisses. 

Pratiquement, le nombre de patrouilles a été augmenté. Des forces de police supplémentaires sont également déployées dans les lieux sensibles de Genève, à savoir les organisations internationales et l'aéroport international. 

Les discussions sur la Syrie ont été déplacées, et les médias ne seront pas informés du lieu ni du contenu de la conférence, a annoncé l'ONU à ses collaborateurs dans un mail dont la RTS a pris connaissance. 

Au siège de l'ONU à Genève, des gardes armés de fusils automatiques se sont postés aux accès pour voitures, une mesure très inhabituelle. 

Vigilance accrue dans les communautés juives 

La police genevoise a notamment demandé ce matin à la communauté israélite d'élever son niveau de vigilance face à une menace précise, a appris la RTS de sources concordantes. 

Le niveau de sécurité a été renforcé jeudi autour des bâtiments, y compris des écoles, de la communauté israélite. Celle-ci aurait été prévenue d'une menace portant spécifiquement sur la journée de jeudi à Genève. 

S'exprimant pour la communauté juive libérale de Genève, Johanne Gurfinkiel, secrétaire général de la Coordination intercommunautaire contre l'antisémitisme et la diffamation (CICAD), affirme lui ne pas avoir été prévenu par la police avant la parution du communiqué. Il confirme toutefois une vigilance accrue et des mesures de sécurité réévaluées autour des sites de la communauté libérale à Genève. 

Frontières surveillées 

Les gardes-frontière ont aussi déployé leurs capacités maximales pour contrôler les passages avec la France. Le maillage de surveillance est très fin et une partie non-négligeable du dispositif est invisible assure Michel Bachar, porte-parole des gardes-frontière.