perlagedediams

perlagedediams

Babchenko ressuscité ou quand l'Ukraine s'affiche comme un Fake-Etat

Avec la résurrection miracle du journaliste russe Arkaky Babchenko "opposant à Poutine" soi-disant assassiné à Kiev par les "mains du régime sanguinaire" - russe évidemment, l'Ukraine a réussi en 24h ce que la Russie s'évertue à faire depuis 4 ans: ouvrir les yeux de la presse occidentale, des organismes internationaux, des ONG et du clan bobo sur l'absurdité du régime ukrainien post-Maïdan.
La seule question présente dans tous les esprits après cette farce de mauvais goût étant: mais que faire de cette Ukraine maintenant ...

Comme nous l'avions écrit, le journaliste russe Arkady Babchenko fut annoncé mort de trois balles dans le dos, trouvé par sa femme qui a appelé les secours, qui sont arrivés, avec la police, et tout ce petit a constaté le décès du journaliste opposant. Le Premier ministre ukrainien accusait directement la Russie sur sa page Facebook.
Mais le plus fort est l'intervention du ministre ukrainien des Affaires étrangères Pavel Klimkine, devant rien moins que le Conseil de sécurité de l'ONU accusant la Russie d'avoir encore assassiné un journaliste qui dérangeait le pouvoir et demandait l'aide de l'Occident pour l'enquête, même s'il était évident que la Russie était coupable.
 
Et le lendemain il ressuscita: l'Opération "spéciale"
 
Il y a eu certes des couics dans la communication, l'on ne savait pas très bien où il était mort finalement (devant la porte de son appartement, dans l'ambulance ou à l'hôpital les versions variant selon les moments et les interlocuteurs). Mais nous avions la photo du cadavre, donc aucun doute n'était permis, comme le souligne Radio Liberty, qui se trouve dans une position stupide comme les autres et donc se justifie de ne pas avoir propagé volontairement ce que l'Ukraine a reconnu comme étant un Fake.
 
 
C'est alors que devant les journalistes réunis pour entendre de la bouche du SBU comment les méchants russes ont "encore" tué un opposant, ce même SBU fait le show et Babchenko apparaît. Pas une égratignure. Il est réssuscité. Miracle, rendons grâce à l'Ukraine. Cris des journalistes dans la salle. L'explication fournie est plus que surréaliste: il a fallu mentir pour faire croire que la Russie allait réussir à tuer Babchenko, ils ont pu arrêter l'exécuteur qui avait en sa possession une liste sur un papier de 30 noms d'individus qu'il devait encore tuer.
Grande réussite. C'est merveilleux. Babchenko s'excuse d'avoir menti, c'était nécessaire, désolé ma chérie de t'avoir fait peur ... Et re-couac: le directeur du SBU de déclarer que la femme était au courant ... ça sent beaucoup l'amateurisme pour une grande opération du SBU...
 
Malgré le choc produit, de nombreuses questions subsistent:
 
  • s'il y avait bien un cadavre, à qui appartient-il? un homme a-t-il été tué spécialement pour cette "opération spéciale"?
  • comment sa femme n'a-t-elle pas pu reconnaître le corps si elle n'était pas au courant? Ou bien était-elle au courant et elle a joué la comédie devant les journalistes du monde entier, a provoqué la compassion, s'est jouée de tout le monde sur ordre des services secrets ukrainiens?
  • Klimkine qui accuse la Russie du meurtre devant le Conseil de sécurité de l'ONU était-il au courant? Si oui, quelle valeur auront ses paroles désormais? Si non, comment fonctionne l'Etat ukrainien? Même question en ce qui concerne le Premier ministre.
  • Le vrai-faux Babchenko a été emporté par une ambulance: les médecins ont transporté quoi ou qui? Un mannequin et ont menti ou un corps qu'ils ont pris pour étant celui de Babchenko?
  • Les policiers qui se sont rendus à l'appartement ont constaté la présence du corps, ils ont menti? Il y a avait bien un cadavre ou un mannequin?
Mais que s'est-il passé?
 
Soit l'Ukraine, toute seule comme une grande, surfant sur la vague Skripal renforcée par le MH17, a décidé d'en remettre une couche, calendrier oblige, les sponsors seront contents. Et comme les grands, ils ont fait "leur" opération. Ici, deux solutions: soit ils ont perdu le sens de toute mesure et ont décidé de ne pas s'embêter avec un cadavre et, poussant le modèle Skripal à son paroxysme, ont produit un Fake 100% et revendiqué comme tel, se disant que l'accusation suffit pour emballer la communauté internationale contre la Russie; soit quelque chose n'a pas marché et a forcé le SBU à sortir Babchenko de l'ombre plus tôt que prévu - si cela était prévu.
 
Soit l'Ukraine s'est faite manipuler, mais par qui? Comment peut-elle aller aussi loin de sa propre initiative, c'est étonnant. Si l'idée géniale vient de ses conseillers occidentaux, quelque chose a grippé et a forcé à organiser la conférence de presse, en urgence, surréaliste. L'on se souviendra de l'Opération cousine menée par la Russie dans l'affaire Skripal (voir notre texte ici) qui a dévoilé le subterfuge. 
 
Soit il s'agit bien d'une opération spéciale ... mais russe. En tout cas la question se pose si l'on regarde "à qui profite le crime". Car pour l'Ukraine, c'est une catastrophe.
 
L'Ukraine perpètre un crime idéologique admettant le mensonde d'Etat
 
La réaction de la Communauté internationale est dans l'ensemble assez violente.
Car l'Ukraine a commis deux erreurs fondamentales: elle a ridiculisé l'un des fondements idéologiques de ce monde et elle a reconnu un mensonge d'Etat. 
Dans notre société de l'information, le journaliste est un demi-dieu, une figure sacrée. Il est du côté du Bien, sinon il est un propagandiste. Or, le Bien exige que l'on puisse s'émouvoir sans prendre le risque que l'on vous dise qu'il n'y avait rien, que l'on puisse adopter des sanctions, que l'on puisse éteindre la Tour Eiffel, etc. sans devoir attendre quelques jours que le cadavre ne se réveille.
 
Nous devons larmoyer tranquilement, régénérer ainsi notre bonne consience et continuer notre vie. Et patatrac, on a pleuré pour rien. Notre monde qui repose sur les bonnes grosses larmes perd sa certitude. Les portraits déjà affichés partout, les fleurs, les processions larmoyantes, plus d'une centaine de nécrologies, maintenant stupides, écrites par des confrères révoltés, par des activistes qui gagnent ainsi leur pain quotidien, par de bons gens simplement manipulés et heureux de l'être. 
 
Et deuxième erreur: on leur apprend qu'il n'y avait rien. Pas une égratignure. Rien. Que la femme a menti. Que le journaliste a collaboré avec des services secrets d'un Etat (quelle horreur!). Que les dirigeants de cet Etat ont volontairement menti à la Communauté internationale qui se retrouve dans une position incertaine: son enfant chéri n'a pas mis le doigt dans le pot de confiture, il lui a jeté le pot au visage devant tout un parterre d'invités. Et qu'en plus tout ce petit monde s'en félicite, c'est une opération réussie ...
 
Dans l'affaire Skripal, la Grande-Bretagne a parfaitement maîtrisé les lignes, elle n'a jamais reconnu le mensonge. Elle a construit des fables autour de médecins et infirmières héroïques, de consultants du laboratoire chimique militaire se trouvant par hasard dans l'hôpital à ce moment, elle a sorti un médecin devant des caméras, pour dire n'importe quoi mais pour affirmer que les Skripal avaient bien eu quelque chose. Et peu importe si ça ne tient pas, la Grande-Bretagne ne va pas jeter comme un crachat à la face du monde bien-pensant et antirusse qu'elle a menti. L'Ukraine, elle, se félicite d'un mensonge d'Etat. Elle faute.
 
La Communauté internationale ne digère pas d'être mise face à son imposture
 
Ca ne passe pas. La première réaction de CNN vaut le détour: un état de choc apparent que les journalistes n'arrivent pas à cacher:


Ensuite CNN enchaîne les déclarations incendiaires, rappelant que le prix à payer sera élevé, à la mesure du choc produit:
Wrote my friend, journalist Anna Nemtsova: "No fake news ever shocked reporters working in Russia and Ukraine more than this story."
Ou encore, la très célèbre Jill Dougherty estime qu'il s'agit d'un coup énorme porté à la réputation de l'Ukraine:
«Beaucoup de nouvelles étranges proviennent d'Ukraine», a-t-elle constaté sur CNN. «C'est une bonne nouvelle que Babtchenko soit vivant, mais je crois que c'est un énorme coup porté au journalisme et éventuellement à la réputation de l'Ukraine, parce que personne ne croira plus jamais cette dernière.»
Quant au directeur à Moscou du bureau de CNN, Nathan Hodge:
A journalist is alive, but the truth died a little in Kiev on Wednesday.
Ou encore The Indepandant:


Les journalistes français aussi, dans leur ensemble, réagissent assez mal à cette farce, ils se sentent joués, eux toujours prêts à défendre l'Ukraine sans vérifier quoi que ce soit. Une fidélité somme toute bien mal récompensée. Bonne leçon à l'heure de la discussion de la loi sur les Fakes News. 
 
Par exemple, L'Opinion:
 
L'Express

 

Le Figaro:
 
Reporter sans frontières n'a pas non plus apprécié la méthode, qui a ouvertement instrumentalisé la profession, alors que normalement dans les pays occidentaux, les formes sont préservées, le mythe de l'indépendance de la presse est affirmé. L'Ukraine vient de le détruire:
 
 
Même les bobos se sentent trahis:
 
Mais l'onde de choc va beaucoup plus loin. Selon la presse ukrainienne elle-même, M. Carpenter, membre du très influent Conseil Atlantique et ex vice-directeur du Pentagone estime que les conséquences pour l'Ukraine seront très importantes et pourront aller très loin.
Toujours selon cette source ukrainienne, le ministre des Affaires étrangères de la Lituanie, les pays baltes n'étant pourtant pas connus pour leur sympathie envers la Russie, a condamné ce procédé. Dans les institutions européennes aussi, la pillule est difficile à avaler:
L'ancien secrétaire d'Etat Harlem Désir, aujourd'hui représentant pour la liberté des médias de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), a quant à lui déclaré qu'il «déplorait la décision de propager de fausses nouvelles à propos de la mort d'un journaliste. C'est le devoir d'un Etat de fournir des informations correctes au public».
Alors que depuis quatre ans, la Russie s'évertue à affirmer que l'Ukraine manipule les faits en fonction de ses intérêts, qu'elle ment ouvertement.
Qu'elle ment en affirmant qu'à Odessa, les gens se sont fait brûler eux-mêmes.
Elle ment en parlant de l'invasion de tanks russes.
Elle ment en accusant le Donbass de se bombarder lui-même.
Et partout les journalistes boivent ses paroles.
Refusent de voir les enfants du Donbass dans les caves.
Refusent de voir les disparitions de civils.
Les assassinats de journalistes et les pressions mises sur le fonctionnement des médias en Ukraine.
Refusent de prêter attention à la violation permanente des Accords de Minsk par les troupes ukrainiennes.
Refusent de voir le rôle des milices extrémistes, même lorsque certains reporters osent les filmer et les diffuser.
En 24h, Kiev a brisé leur monde confortable.
 
Il a fallu que le pouvoir ukrainien se montre dans toute l'étendue de sa bêtise, qu'il manipule de façon primaire les rivières de bons sentiments que la communauté internationale tient à disposition de ses victimes estampées pour que l'indignation d'avoir été pris pour des imbéciles, pour que l'amour-propre les fasse réagir.
Car finalement Kiev a mis dans une position idiote toutes ces institutions de propagation de la bonne conscience, tout ce qui est sacré aujourd'hui, la presse occidentale main stream, les ONG de défense des droits de l'homme, les "philosophes-penseurs-analystes-bobos". Ils se sont retrouvés face au monstre d'idiotie qu'ils ont créé. 
 
Il est toujours difficile de pardonner à celui qui vous oblige à ouvrir les yeux sur votre imposture.
 


03/06/2018

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 9 autres membres