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DÉJÀ UN AN DE PRISON POUR RAFAEL LUVARGHI ET CE, DANS LA PLUS TOTALE INDIFFÉRENCE MÉDIATIQUE.

 

 

Maltraitances, tortures physiques et mentales, lavage de cerveau, aveux, confession filmée extorquée : le quotidien d'un volontaire brésilien dans les geôles ukrainiennes.

Un volontaire de la première heure.
 
A ce jour, Rafael Lusvarghi est dans son 13éme mois de prison en Ukraine et ce dans la plus totale indifférence. Le mois dernier, aucun article dans la presse francophone de Donetsk ne parut pour rappeler le calvaire vécu par le volontaire brésilien depuis son emprisonnement. Depuis son arrestation médiatique rapportée par deux articles (1 et 2), une seule publication parut en août lors du procès en appel.

Le présent article est donc là pour réparer cette faute collective.

En septembre 2014, Rafael Lusvarghi est un des premiers volontaires étrangers arrivés dans le Donbass, où il intégra le bataillon « Prizrak » de Georgy Mozgovoï. Il fait partie de cette première vague glorieuse de volontaires qui ont risqué leur vie pour la plupart dans l'anonymat et le désintéressement. Il participa aux glorieux combats d'Altchevsk (Lomovatka et Pervomaïsk). 
Au fil des mois, il passa de simple soldat à lieutenant, ce qui montre l'exemplarité de son parcours militaire. Il combattît ensuite dans le bataillon « Viking » a Debaltsevo et à l'aéroport de Donetsk. Son parcours fut largement médiatisé à des fins de propagande, ce qui fit de lui une cible pour le SBU. Nul ne devrait oublier que la principale protection du mercenaire ou de tout combattant dont l'action pourrait y être assimilée un jour est la discrétion. Aujourd'hui, où sont les journalistes qui ont fait leurs « choux gras » sur Rafael ?
Comme de nombreux combattants une fois les Républiques sauvées, il quitta Donetsk en Octobre 2015, laissant leurs successeurs arrivés après les accords de Minsks profiter des lauriers qu'ils n'avaient pas conquis.
 
 
Un piège tendu par le SBU.

A son retour au Brésil, Rafael Lusvarghi, commença à rechercher du travail dans la sécurité. Il fut contacté fin août 2016 par une agence internationale : la société "Oméga", dont le siège social se trouve en Ukraine. Derrière cette société se cachait en réalité le SBU. Ces derniers lui proposèrent un contrat de travail pour assurer la protection d'un cargo contre les actes de piraterie dans l’Océan Indien et la mer de Chine. Une fois le contrat de travail signé, la société Oméga a enjoint Rafael d'embarquer à bord du-dit cargo lors de sa prochaine escale à Odessa et lui envoya un billet d'avion pour Kiev.
 Rafael Lusvarghi, fit a alors part à son employeur de sa crainte de devoir embarquer en Ukraine, pays contre lequel il avait combattu. La société Oméga lui garantit que l'OSCE lui avait confirmé que l'ensemble des combattants avait été amnistiés selon les accords de Minsk et qu'aucune poursuite ne pouvait être lancée contre lui en Ukraine.. Malgré une certaine inquiétude, Rafael Lusvarghi décida néanmoins de se rendre à Odessa. Le 4 octobre 2016, le Procureur de la ville de Kiev lança un mandat d'arrêt contre lui. Dès son arrivé à l'Aéroport Borispol le 6 Octobre eut lieu son arrestation médiatique.

Une détention digne de la pire des juntes.

Durant le dernier trimestre 2016, Rafael fut détenu dans la prison de Lukianivka à Kiev dont une partie des gardiens sont d'anciens combattants du bataillon « Tornado ». Emprisonné dans une cellule avec trois codétenus, il fut passé une première fois à tabac dans sa cellule puis une seconde fois lors de la promenade. Dans de telles conditions, nul sera surpris qu'il plaida coupable, demandant même à être condamné le plus rapidement possible pour pouvoir bénéficier d'une cellule individuelle.
 
Un procès inique :
 
Un premier procès eut lieu en janvier 2017. La présidente du tribunal Svetlana Shaputko était par un extraordinaire hasard l'ex-juge de la ville Altchevsk, ayant fuit devant les combattants rebelles dont Rafael Lusvarghi faisait partie. Le procureur, Igor Vovk est quant à lui, le fils du général Vasily Vovk ancien commandant du SBU. Autant dire que la jugement avait peu de change d'être impartial. 

La sentence est rendue le 25 janvier 2017 : 13 ans de prison soit la peine maximale encourue pour un plaider-coupable. L'avocat commis d'office (Rafael n'avait reçu aucune aide de sa famille, ni du Brésil, ni de quiconque), fit part de l'appel de son client le jour même.
En échange de son plaider-coupable obtenu sous les coups, Rafael obtint des conditions de détentions meilleures à la prison deLukyanovka.
Le mois suivant, l'arrivée d' un nouvel avocat Valentin Rybin, (qui fut l'avocat des deux russes échangés contre Nadia Savtchenko), permis de relancer efficacement la défense.

Une utilisation propagandiste des prisonniers contraire au droit international :
Durant le début cette année les pressions psychologiques continuent sur Rafael. Une confession à l'officine de propagande de la CIA "Radio Liberté », lui est proposée en échange d'une nouvelle amélioration de ses conditions de détention. Dans cette vidéo, malgré un montage flagrant, seul le commandant Babaï actuellement poursuivi en LNR pour de nombreux crimes est mis en cause par Rafael. Ce fut donc peine perdue pour « Radio Liberté », dont on ne peut que souligner l'incongruité du nom d'une radio qui va soutirer des interviews à des détenus....

Le premier jugement cassé en Appel :

Le procès en appel d'abord prévu en juin fut repoussé au 17 août 2017. L'audience commence sous la pression du groupe paramilitaire C14 de Svoboda venu dans le but d'intimider l'avocat et le traducteur de Rafael Lusvarghi. Malgré cela, il fut reconnu que lors du premier procès les droits de l'accusé n'avaient pas été respectés et que l'on avait fait pression sur lui par le biais de violences pour lui extorquer des aveux. A partir de cette date, un nouveau procès devait avoir lieu dans les 60 jours c'est à dire avant le 15 octobre 2017. Mais du fait de l'absence de son avocat les audiences préliminaires du nouveau procès ont été reportées au 14 Novembre 2017, soit lundi prochain.
 
Si vous voulez écrire à Rafael Lusvarghi :
 
Rafael Lusvarghi, CIZO n°13, Dehtiarivska St, 13, 02000 Kyiv, Ukraine.


05/11/2017

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