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Esclaves économiques et chair à canon

Erwan Castel

Décidément les peuples occidentaux sont les otages d'une politique sacrificielle hallucinante menée en Europe par les USA via leurs affidés militaires et financiers.
 
D'un côté Washington engage contre les européens, dont les entreprises sont déjà soumises aux traités de libre échange imposés par une servitude volontaire, une guerre économique; mais de l'autre côté, L'OTAN, commandée par les USA, demande à ces mêmes européens d'envoyer leurs soldats vers les frontières russes dans une obéissance aveugle au service d'une russophobie belliqueuse. 
 
Ainsi voit-on, en ce début juin 2018, les européens mobilisés autour de nouvelles taxes d'importations étasuniennes sur l'acier et l'aluminium, mais aussi pour les exercices interalliés "Saber Strike 2018" dirigés contre la Russie !
Et même si les taxes étasuniennes réveillent la défense économique européenne qui pour une fois semble unanime, il semble cependant que les jeux soient faits car les gouvernements occidentaux ont abandonné aux institutions supranationales l'essentiel de leurs souverainetés économiques et même militaires.
 
Imposées par un environnement de crises multiples organisées, ces deux servitudes militaire et économique au service de la thalassocratie anglo-étasunienne paralysent les ambitions européennes et transforment leurs territoires en colonies étasuniennes ou les populations sont des troupeaux de consommateurs individualisés ou de chair à canon regroupés pour une nouvelle grande boucherie, cette fois dirigée contre l'insoumise Russie.
 
L'OTAN est qui plus est le point de rencontre de ces 2 esclavages économique et militaire imposés aux européens, notamment avec la demande expresse de Washington d'augmenter leurs budgets militaires. Pour ces derniers alors que le chiffre de 4% est évoqué souvent, le plancher des 2% du PIB national consacrés à la défense ne réussit  pas à être atteint par de nombreux pays membres de l'alliance.
 
Malgré cette période de crises multiples sur fond d'effondrement économique du système occidental, l'OTAN continue comme si de rien n'était et même multiplie en fréquence, importance et coûts les manœuvres et exercices interalliés, qui sont aujourd'hui dirigés essentiellement contre la Russie désignée par les derniers sommets de l'alliance "la menace principale menaçant l'Europe".
 
Ainsi le 3 juin les exercices interalliés "Saber Strike 2018" ont débuté vers les frontières russes, mobilisant 18 000  hommes et 5000 véhicules appartenant à 19 pays, membres ou alliés de l'OTAN, dont un très important contingent polonais au premier rang.
 
La période de ces manœuvres "Sabre Strike" (avant le mondial de football en Russie) le théâtre européen où elles se déroulent (autour de l'exclave de Kaliningrad et sur les frontières russes) coïncide juste avec celle où une forte probabilité d'offensive ukrainienne est annoncée dans le Donbass. 
 
Au milieu de ces exercices de plus en plus nombreux, on observe également une augmentation de la militarisation des pays de l'Europe de l'Est par les forces étasuniennes via l'OTAN, et particulièrement en Pologne (qui vient de signer un contrat d'acquisition de systèmes antiaériens US "patriot") où un contingent de 6000 soldats doit s'installer de façon permanente. 
 
La Pologne, qui est entrée dans l'OTAN en 1999, vient en effet de passer à une vitesse supérieure dans l'élargissement de l'organisation militaire étasunienne en Europe en organisant l'accueil de nouvelles bases américaines pointées vers la Russie : 
  • mars 2010 : Contrat d'acquisition du système d'armes "Patriot" pour 8.5 milliards d'euros,
  • juillet 2016 : Au sommet de l'OTAN pour la 1ère fois à Varsovie, la Russie est qualifiée d'ennemi,
  • mai 2017: Déploiement d'un nouveau quartier général étasunien en Pologne,
  • mai 2018: La Pologne prête à injecter 2 milliards d'euros pour l'implantation d'unités blindés US,
  • 2018 : construction d'une base de missiles "Aegis"  prétendue défensive et pointée vers la Russie
  • etc...
Il faut noter que ces mesures bellicistes et russophobes provoquent non seulement de la part de Moscou des vives réactions, mais également des inquiétudes et des protestations au sein des populations des anciennes Républiques Socialistes soviétiques qui se voient à nouveau plongées dans une nouvelle guerre froide menaçant leur sécurité.
 
Le Secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg a beau répéter à qui veut l'entendre que ces exercices et ces nouvelles infrastructures et déploiements étasuniens en Europe ne cherchent pas à provoquer l'escalade d'une nouvelle militarisation de l'Europe dans son ensemble, force est de constater que les faits provoqués par son organisation prouvent le contraire !
 
Et pendant ce temps là, la majorité des occidentaux regardent ailleurs, vers des sujets beaucoup plus graves comme la retransmission des matchs de foot ou la cueillette de passeport d'un grimpeur migrant...
 
Erwan Castel
 
 


05/06/2018

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