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Amsterdam insuffle une vision négative de la Russie aux écoliers hollandais.

Aux Pays-Bas, les manuels de sciences sociales destinés aux lycéens ont été mis à jour. A en croire les illustrations publiées dans les livres, la Russie est un monstre qui dévore le territoire des pays voisins, tandis que l'Europe tente de les sauver en leur tendant la main.

Une des images tirées des manuels destinés aux élèves de 15 à 16 ans présente la Russie comme un monstre agressif dévorant le territoire des pays voisins. L'Europe tend avec un air désolé la main à l'Ukraine, qui, à moitié prise entre les crocs du monstre, est terrifiée par la perspective d'être avalée toute crue.
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Une autre image, qui cherche à donner une idée du niveau des libertés dans différents pays du monde, laisse entendre que les citoyens russes sont quasi-totalement privés de droits et libertés.

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Les illustrations sont accompagnées d'un texte indiquant que les matériaux sont régulièrement mis à jour conformément à diverses sources d'information modernes et fiables. Les exercices en regard demandent un véritable travail de réflexion de la part des élèves qui doivent répondre à la question suivante: "Que font la Russie et l'Europe sur cette image?"

Cet incident pourrait être tourné en dérision dans n'importe quel autre contexte. Pourtant, les écoliers, qui font leurs deux dernières années d'études avant d'entrer à l'université, sont censés prendre cette information au sérieux. Cet aspect est particulièrement inquiétant dans le contexte international actuel. La propagation d'informations douteuses montrant une image extrêmement négative de la Russie en Occident passe des médias vers le domaine scolaire, ce qui risque d'exacerber encore plus les tensions sur la scène internationale.

"Cet exemple montre (...) comment le système occidental empoisonne les jeunes esprits en propageant d'énormes mensonges dans la société", a fait remarquer le blogueur Amari Roos, un des auteurs du portail numérique d'information Sott.net.

"Si j'étais parent, j'aurais préféré donner des informations véridiques sur ce qui se passe sur cette planète à mes enfants. Le système scolaire ne permet pas aux élèves d'avoir un esprit critique, au contraire, les enfants sont gavés d'informations qui ne sont pas appuyées par les faits", a-t-il poursuivi.

Effectivement, on ignore quels critères ont été pris en compte lors de l'élaboration de la carte intitulée "Quel est le niveau de liberté dans le monde?" Selon le schéma, la Russie est un des pays affichant un indice de démocratie parmi les plus bas au monde, tandis que les pays d'Europe, ainsi que les Etats-Unis, sont présentés comme des démocraties modèles.

A la question de savoir pourquoi les auteurs du manuel estiment que la Russie n'est pas un Etat libre, Amari Roos suppose que la loi contre la propagande homosexuelle préoccupe particulièrement Amsterdam.

Selon le premier ministre des Pays-Bas Mark Rutte, cette loi menace de limiter les droits des homosexuels en Russie. Pourtant, la loi en question ne concerne que l'interdiction de la promotion de l'homosexualité auprès des mineurs. En avril 2013 lors de sa rencontre avec M.Rutte le président russe a également rappelé l'existence d'organisations soutenant la pédophilie ou se prononçant contre la participation des femmes dans les affaires politiques aux Pays-Bas.

"Je ne suis pas sûr de pouvoir affirmer que les pays qui permettent l'existence de telles organisations figurent parmi les "Etats les plus libres dans le monde". Libre de faire quoi exactement? De violer les enfants?", s'étonne M.Roos.

La distorsion de la situation en Ukraine est encore plus choquante: tout en appelant à défendre les droits des homosexuels, le président ukrainien Piotr Porochenko continue d'envoyer les troupes dans le Donbass, où la guerre civile a causé la mort des milliers de civils.

De son côté, la Russie a déclaré à maintes reprises que le conflit sanglant en Ukraine devait cesser au plus vite. Moscou a activement participé à l'élaboration des accords de Minsk visant à faire sortir l'Ukraine de la crise. Depuis le mois d'août 2014, près de 25.000 tonnes d'aide humanitaire, dont des produits alimentaires, des médicaments et des matériaux de construction, ont été envoyés dans le Donbass.

"Ce type de convois en provenance des pays occidentaux n'est pas très fréquent. Au contraire, certains pays se sont prononcés pour la livraison d'armes létales afin de prolonger la "dévoration de l'Ukraine"", a fait remarquer Amari Roos.