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"Face à la Russie, il serait temps pour la Suisse de cesser d’adopter sans réfléchir la même politique que l’UE."

Sanctions contre la Russie à revoir

 

 
SERGE GUERTCHAKOFF, RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT À BILAN 

 

Serge Guertchakoff est rédacteur en chef adjoint à Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également esponsable du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches.

 

Le président des Etats-Unis Donald Trump vient encore de le réaffirmer dans diverses interviews, dont une au Wall Street Journal: «Si on s’entend et si la Russie nous aide vraiment… pourquoi des sanctions, si quelqu’un fait vraiment de bonnes choses ?» En France aussi, le vent tourne.

 

Le candidat arrivé largement en tête des primaires à droite, François Fillon, estime que les sanctions de l’Union Européenne contre la Russie sont contre-productives. Même si ce dernier n'est pas certain de pouvoir gagner suite à l'affaire "Pénélope", rappelons que les élections présidentielles s’y tiendront le 23 avril et le 7 mai et que les cartes seront redistribuées.

 

La prochaine sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne devrait aussi faciliter ce changement de politique vis-à-vis de la Russie. Une conversation téléphonique intervenue le 9 août dernier entre Theresa May et Vladimir Poutine l’a laissé entendre, même si pour l’heure le Royaume-Uni entend rester solidaire de l’UE. En Allemagne, rappelons que des élections interviendront cette année pour le renouvellement du Bundestag.

 

Piètre humoriste sans doute, mais fin stratège, le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann ne s’y est dès lors pas trompé lorsqu’il a estimé qu’il serait temps de lever ces sanctions qui pénalisent nos exportations vers le marché russe. Rappelons à ce propos, que le Conseil fédéral avait compléter les mesures visant à empêcher le contournement des sanctions de l’UE en mars 2015.

 

Bref, la Suisse n’a que peu bénéficier de l’embargo russe décrété sur les produits alimentaires venant de l’UE, de la Norvège, de l’Australie, du Canada, des Etats-Unis, de l’Albanie, du Monténégro, du Liechtenstein et de l’Islande, contrairement au Brésil, par exemple. Une position suisse qui interpelle sur le fond.

 

En effet, la Suisse n’a pas accepté le retour de la Crimée dans le giron russe. Pourtant deux arguments plaident en faveur d’une telle reconnaissance. Rappelons que le référendum d’autodétermination qui s’est tenu le 16 mars 2014 portant sur le rattachement de la péninsule de Crimée à la Russie a vu la population plébiscité le oui.

 

Même les ONG contestant les résultats officiels ont constaté qu’une majorité confortable des votants s’était exprimée en faveur de ce rattachement suite au coup d’Etat en Ukraine. 

 

Par ailleurs, comme l’a rappelé Théodore Christakis, professeur de droit international à l’université de Grenoble Alpes et directeur du Centre d’études sur la sécurité internationale et les coopérations européennes, « un référendum concernant le statut futur d’un territoire n’est pas, en principe, illégal du point de vue du droit international, pas plus qu’une éventuelle déclaration d’indépendance à la suite d’un tel référendum».

 

A ce propos, rappelons que la Suisse avait reconnu l’indépendance du Kosovo suite à la déclaration unilatérale d’indépendance de ce territoire. Bref, il serait temps pour la Suisse de cesser d’adopter sans réfléchir la même politique que l’UE.



08/02/2017

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