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La bataille de l’information

de : Deeplo  vendredi 28 juillet 2017 - 13h15 - 

 

Tout le monde s’interroge sur l’essoufflement d’un système politique qui produit des Sarkozy, des Macron ou des Trump !

Alors qu’il suffirait de mieux informer la population sur leurs méfaits, leurs soutiens, leurs méthodes, pour les en dégouttez à tout jamais.

 

Si nous voulons reprendre le contrôle de nos sociétés livrées aux banquiers centraux indépendants, le préalable fondateur est de bien nous informer. C’est devenu l’enjeu central de l’exercice de notre citoyenneté tant nous sommes bombardés d’informations biaisées, partiales et émises à des fins partisanes.

 

Ces informations nous parviennent par une grande multiplicité de canaux et leur réception nécessite vigilance, rigueur, capacité analytique, même quand il s’agit des canaux les plus anodins comme le cinéma, la petite phrase lâchée à la messe du 20h, ou bien le post du copain sur facebook, sans parler des pièges à gogos comme Le Monde qui se présente comme un journal de référence mais fait preuve d’un entêtement néolibéral qui confine à l’escroquerie intellectuelle.

 

Le système scolaire impose aussi la plus grande méfiance quand on songe aux programmes de sciences économiques au lycée, à la mascarade hors de prix des MBA devenus passages obligés pour accéder aux directions d’entreprises, ou à sciences-Po qui s’est transformé en business school.

 

La destruction de l’université et de la recherche ouvrent ainsi un boulevard aux succursales de l’idéologie la plus caricaturale (qui professent et vendent : croissance, agences de notation, rigueur, baisse des dépenses publiques, indépendance bancaire, changements de régime vendus comme un humanisme, etc...). Le lavage de cerveau bat son plein et les plus favorisés sont aussi exposés et démunis que les pauvres.

 

Il ne faut donc plus compter que sur nous mêmes pour nous éduquer et nous informer, choisir nos sources, exercer notre esprit critique.

 

C’est bel et bien un enjeu stratégique. La violence des attaques néolibérales en cours dans le monde, l’ampleur de la catastrophe sanitaire et environnementale résultant de ces attaques, nous imposent de nous réveiller, nous impose de dénoncer l’illusion « sociale-libérale » : les États des pays riches et surarmés comme le notre ne sont plus ni démocratiques ni soucieux du bien-être de leur population. Il nous faut diversifier nos sources d’information pour mieux définir ce qu’il est train de nous arriver.

Car contrairement à ce que disait Thatcher quand elle a lancé les hostilités en Europe au début des années 80 : il y a une alternative ! Il y en a même beaucoup.

 

Beaucoup de gens très cultivés justifient leurs erreurs électorales par leur manque de temps pour s’informer convenablement, et expliquent n’avoir qu’une ou deux sources d’information politique. Ils n’auraient pas le temps selon eux de s’investir dans la réflexion et se retrouvent toujours depuis 30 ans cantonnés au choix de ce qu’ils pensent être le moindre mal, ressentant confusément la fuite en avant que leur choix représente, mais manquant de détermination pour sortir du cocon des ravis de la sociale-démocratie.

 

Il leur faudrait sortir du ronron des journaux de référence destinés au bac+5 et qui leur mentent depuis si longtemps de manière pourtant très grossière, et s’aventurer sur les pentes escarpées de la recherche de l’information dans la jungle des sites internet. Il leur faudrait lire, confronter, vérifier, pour finalement accorder leur confiance à des chercheurs, des journalistes indépendants, des lanceurs d’alerte, des institutions entrées en dissidences, et ainsi se forger un avis charpenté, indépendant, respectable. Un avis débarrassé des poncifs et des credos de la doxa ultra-libérale au pouvoir.

 

D’autre part, le corollaire de ce désintérêt pour la vie politique, mais cette fois chez les moins cultivés, ceux qui souffrent immanquablement des conséquences des votes des cultivés, c’est en général le "tous pourris", qui justifie de "voter pour quelque chose qu’on a pas encore essayé", de voter pour l’inacceptable.

 

Voter comme on fait un bras d’honneur en quelque sorte... Un vote contestataire que le pouvoir retourne à son avantage en expliquant aux gens cultivés qu’ils sont les seuls remparts contre la barbarie et qu’il faut voter pour son candidat au premier tour.

 

La boucle est bouclée. Le néolibéralisme produit la misère qui pousse les pauvres à protester en votant fasciste, ce qui permet aux oligarques possédant les médias d’instrumentaliser les riches en leur disant que s’ils ne votent pas pour eux par conviction, au moins qu’ils le fassent pour faire barrage aux fascistes. Très simple mais redoutablement efficace. 30 ans de déchaînement ultra-libéral en France garanti par cette petite tactique.

 

Comme si la barbarie c’était Le Pen ou Trump seuls, et pas aussi Macron ou Clinton, les représentants de ceux qui ont mis le climat à l’envers, tués des millions de gens en Amérique latine ou au proche orient, jetés des millions d’affamés sur les routes, et constellés les trottoirs de SDF en détruisant notre économie. Se forger un avis propre c’est aussi refuser d’être acculé au choix entre deux barbaries, refuser d’être pris en tenaille comme un vulgaire gibier. C’est devenu une question de survie à 2 ou 3 générations d’échéance.

 

Que des gens riches et cultivés, ayant accès à toutes les informations et bases de données imaginables, s’enferment dans le déni et continuent à nourrir leur vision du monde à la mamelle de la presse oligarchique renseigne sur une chose. Soit ils sont cyniques. Ils considèrent que la vie est une jungle, à la manière d’un Warren Buffet qui expliquait il y a 20 ans que l’oligarchie avait gagné la lutte des classes, donc que le monde civilisé (le leur) doit continuer à coloniser les espaces et les esprits pour leur plus grand confort.

 

Mais cela implique qu’ils soient prêt à disparaître avec l’humanité dans les 100 prochaines années dans un conflit nucléaire ou des guerres de subsistance liées au déchaînement des éléments, à la sécheresse comme aux inondations, etc... Soit ils sont affaiblis par une vraie dépendance à la pensée unique entretenue pendant plus de 40 ans. Ils souffrent alors d’un manque cruel de culture politique et économique qui explique leur incapacité à critiquer les inepties lues dans les journaux, qui explique leur incapacité à ouvrir un bouquin d’économie hétérodoxe ou à accepter de discuter hors de leurs cercles habituels pour découvrir autre chose.

 

Ils se résignent en se cantonnant aux représentations mentales pour lesquelles on les a programmés. Ils acceptent le mensonge parce qu’ils ne conçoivent pas sortir du consentement matraqué par les médias officiels qui ont fini par générer un ordre idéologique quasi sectaire.

 

Ceux là doivent aller plus loin et reconstruire leur vision du monde car aux prochaines présidentielles en France il y aura à nouveau dès le premier tour une menace Le Pen, brandie pour voter utile et pour porter au pouvoir sans tortiller un nouveau représentant de l’oligarchie. Et nous savons dès aujourd’hui que cette fois l’extrême droite gagnera.

 

Il y a donc urgence à arrêter de nous cacher derrière notre petit doigt. Il nous faut redevenir des citoyens "éclairés" qui refusent et réfutent les mensonges de l’oligarchie, quel que soit notre âge, notre condition, notre idéologie ou notre idéal. En tant qu’être humains nous ne pouvons plus fermer les yeux sur la disparition annoncée de notre espèce causée par la cupidité d’une infime partie d’entre nous.

 

Macron ou Trump/Clinton sont une chance d’une certaine manière puisqu’ils incarnent cette partie très minoritaire de la population qui veut subordonner la majorité (qui comprend les abstentionnistes et les non inscrits) et piller les ressources. Nous savons tous désormais qui combattre, quelles lois ils veulent nous imposer, comment ils nous les imposent. Jamais ces gens là n’avaient avancé sans masque comme aujourd’hui, affichant un tel cynisme.

 

Alors nous devons muscler notre esprit critique, nous construire une méthodologie d’appréciation des sources et de détection des biais idéologiques véhiculés par la presse, officielle ou non, et rétablir notre libre arbitre, casser la fabrication du consentement, revenir au sens critique, soutenir financièrement ceux qui nous informent convenablement, nous abonner aux rares journaux existants qui délivrent des faits et non du prêt à penser.

 

Et, oui, cela prend du temps de s’informer ! Donc il nous faut libérer ce temps dont on pense à tort qu’il nous fait défaut, pour prendre conscience du rapport de force en cours et de ses conséquences. Car l’identification des dommages permet d’identifier ceux qui en sont les causes, et partant, permet l’organisation de la résistance à ses agressions.

 

Ensuite il y a l’élaboration d’un projet de société.

 

Car le temps que nous passons à nous informer, ré-informer, jauger l’information, créer des consensus sur le sens des fait, ce temps passé est notre premier acte de reconquête. Nous devons sortir de la torpeur imposée par la pensée unique néolibérale. Nous devons nous exposer à l’échange, à la contradiction, à l’argumentation, et construire le consensus grâce auquel nous pourrons élaborer un projet de société à la hauteur des enjeux.

 

Deeplo.



31/07/2017

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