perlagedediams

perlagedediams

LA CHASSE AU CHOLESTÉROL: UNE ERREUR HISTORIQUE. Enfin un média en parle

A l’instar d’une centaine de ses collègues cardiologues à travers le monde, le Genevois Mikael Rabaeus est en croisade contre les thèses entourant la nocivité du cholestérol et l’efficacité du médicament star, à base de statines, censé le traiter.

Le cardiologue Mikael Rabaeus, qui exerce à Genève et à Clarens (VD), est un pourfendeur de la thèse sur la nocivité 
du cholestérol. Un discours qui fait hurler l’ordre des médecins.

Mikael Rabaeus: Ce fut une erreur au départ qui a en effet été exploitée au profit des pharmas et des industries.

 

Toujours selon les tenants de la thèse contrarienne, il n’y aurait pas de bon ou de mauvais cholestérol ?

 

En effet. Le cholestérol se compose de deux familles: les HDL, lipoprotéines à haute densité, et les LDL, lipoprotéines à faible densité. Les premières seraient les bonnes et les secondes les mauvaises. C’est une ineptie. Ce n’est pas le HDL qui améliore le pronostic mais l’activité physique qui permet de le produire. Le LDL n’est qu’un marqueur de risques, le signe d’une mauvaise hygiène de vie.

 

Vous allez jusqu’à prétendre que le cholestérol ne bouche pas les artères via les plaques d’athérome…

 

La plaque est un processus inflammatoire chronique de la paroi. Le cholestérol est très peu présent dans la plaque et ne cause ni l’infarctus ni l’accident vasculaire cérébral (AVC).

 

Vous affirmez que le taux de cholestérol n’est pas important et qu’il ne faut pas s’en soucier…

 

C’est une conclusion logique de ce qui précède. Cela dit, je conseille toutefois un contrôle à l’adolescence pour exclure une hypercholestérolémie familiale. Mais si le résultat est négatif, il ne faut plus s’en préoccuper.

 

Faire baisser le taux de cholestérol serait dangereux 

 

Le cholestérol est indispensable à la vie des cellules et au-dessous d’un certain seuil, cela devient effectivement très dangereux. De plus, on constate que les gens qui ont un taux bas ne vivent pas plus longtemps. Au-delà de 75 ans, c’est même le contraire.

 

Les statines, présentées comme médicaments miracles pour combattre le cholestérol, n’auraient, dites-vous, qu’un effet minime…

 

En prévention primaire, et dans le meilleur des cas, on prolonge la survie d’une semaine au bout de cinq ans de traitement. Et encore, ce résultat est probablement optimiste car uniquement basé sur des études non vérifiées. Pour ma part, je les déconseille vivement mais si un patient veut en prendre ou continuer le traitement, je respecte. 

 

A l’inverse, vous prétendez qu’elles provoquent de sévères effets secondaires.

 

Leurs effets secondaires sont clairement sous-évalués. Aucune étude sur la nocivité des statines ne s’est prolongée au-delà de cinq ans. Or, la majorité des patients en prennent depuis dix ans ou plus et c’est à partir de là qu’on constate les effets secondaires les plus graves, type douleurs musculaires, fatigue, diabète, troubles cognitifs, etc.

 

Comment expliquer ces positions aussi diamétralement opposées entre experts et le violent conflit qui en découle?

 

C’est un conflit entre anciens et modernes comme la science en connaît régulièrement. Le problème, c’est qu’il oppose des médecins honnêtes, qui n’ont rien à vendre, à des médecins sponsorisés par l’industrie pharmaceutique ou agroalimentaire. Personnellement, je confirme que je n’ai aucun conflit d’intérêts.

 

Propos recueillis par 
Christian Rappaz

L'illustré consacre tout un dossier à la question du cholestérol dans son numéro 45, actuellement disponible



13/11/2016

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 9 autres membres