LA DÉSINTÉGRATION DE L’UKRAINE

La situation de l’Ukraine s’est considérablement détériorée depuis la «révolution» voulue et organisée par Washington, à tous les points de vues : économique, social, démographique et même moral. Cet effondrement généralisé s’est accéléré depuis le début 2017. Pour ce premier article sur l’Ukraine, passons rapidement en revue quelques éléments récents de cette désintégration.

 

Effondrement démographique

 

La population de l’Ukraine a atteint son maximum en 1993 avec un peu plus de 52,2 millions d’habitants. Elle baisse tous les ans depuis, du fait à la fois d’une très forte émigration et d’un accroissement naturel (différence entre les nombres de naissance et de décès) négative. En 2013 la population de l’Ukraine était déjà de moins de 45,6 millions d’habitants. Puis l’Ukraine a perdu la Crimée et sa population est donc désormais inférieure à 42,7 millions d’habitants, officiellement. En réalité il faut encore retrancher les populations de RPD et RPL soit environ 3 millions voire un peu plus, mais aussi de nombreux Ukrainiens qui ont émigré pour travailler en Russie, en Pologne ou ailleurs.

 

En effet depuis plusieurs années les chiffres officiels sont faux car ils «oublient» de compter la plupart des émigrés. La population de l’Ukraine est donc en réalité d’environ 38 millions d’habitants. La situation démographique de l’Ukraine était donc déjà désastreuse, avec une population qui a déjà baissé de 25% voire 27% depuis le pic auquel l’a porté l’URSS que le pouvoir actuel de Kiev présente comme une abomination absolue.


Mais ce n’est pas tout. D’une part l’émigration continue à un rythme effréné. En 2015 le solde migratoire officiel entre la Russie et l’Ukraine est de 146131 personnes ayant déménagé d’Ukraine vers la Russie (chiffre russe, l’Ukraine annonce le chiffre ridicule de +14233 pour le solde migratoire total de 2015…). L’émigration vers l’Union Européenne (particulièrement vers la Pologne) est au moins du même niveau. D’autre part il faut ajouter à cela la baisse naturelle de la population (naissance — décès) qui se poursuit à un rythme très important : −186,592 personnes en 2016


Comme si cela n’était pas assez, deux éléments récents sont venus se greffer à cette tendance déjà très forte :
D’une part les autorités de Kiev, ne ratant jamais une occasion de prendre des mesures catastrophiques pour leur pays, ont proposé d’interdire la double nationalité (certains affirment que la Constitution ukrainienne l’interdit déjà, c’est faux). Il est très difficile d’estimer le nombre d’Ukrainiens qui ont une double nationalité, mais c’est vraisemblablement de l’ordre de un voire deux millions de personnes.

 

Si une loi interdisant la double nationalité passe, de nombreuses personnes pourront se trouver devant le choix de rester ukrainien ou de garder leur autre nationalité, celle d’un pays plus prospère. Cela pourrait donc accélérer encore l’émigration. De l’autre côté la Russie a pris des mesures pour facilité l’obtention de la nationalité russe. Le PIB par habitant en Russie est environ 3 fois supérieur à celui de l’Ukraine, cette mesure pourrait donc convaincre encore plus d’Ukrainiens de partir vivre en Russie. La Pologne avait déjà prise des mesures du même genre pour attire les Ukrainiens d’ascendance polonaise.

 

Effondrement économique


Entre 2013 et 2015, le PIB de l’Ukraine s’est effondré de quasiment 50%, et la très légère croissance de 2016 ne change pas grand chose. À parité de pouvoir d’achat, l’Ukraine se trouve désormais entre le Maroc et le Guatemala. En terme de PIB nominal par habitant, le pays se situe juste en-dessous du Soudan, au même niveau que le Vietnam. Ceci est largement dû à la rupture diplomatique que Kiev a voulu contre Moscou. En effet les grandes entreprises ukrainienne, toutes ou presque directement issue de l’URSS (oui, toujours celle maudite par Kiev) étaient largement intégrée à l’économie russe : la Russie commandait ainsi des wagons, de moteurs de fusée et d’avion et autres produits industriels qu’elle pouvait produire chez elle. Ceci constituait une subvention colossale à l’économie ukrainienne, qui est depuis redirigée vers l’économie russe.

 

La fin de ces subventions ainsi que la perte de la Crimée et d’une partie du Donbass qui constituait le coeur industriel de l’Ukraine sont autant d’éléments qui expliquent l’effondrement économique ukrainien. Des milliers d’ingénieurs ukrainiens, dans le domaine de l’industrie spatiale ou aéronautique se sont déjà installé en Russie et font bénéficier l’économie russe de leurs compétences. À cela il faut ajouter un niveau de corruption extraordinairement élevé (l’Ukraine est le deuxième pays le plus corrompu au monde juste derrière le Brésil), une gestion catastrophique du pays et une situation générale qui n’attire pas beaucoup d’investissements.


Mais tout cela ne suffisait pas et plusieurs éléments récents se sont greffés à ce désastre. D’une part les ultra-nationalistes ukrainiens ont lancé un blocus économique contre la RPD et la RPL, selon eux parce qu’il fallait que l’Ukraine cesse de financer les «terroristes». Évidemment cette décision stupide s’est rapidement retourné, de façon très spectaculaire, contre l’Ukraine et en faveur de la RPD et de la RPL. Les républiques populaires n’ont en effet pas eu d’autre choix que de prendre le contrôle des grandes entreprises ukrainiennes présente sur son territoire : usines, mines, compagnie de Télécoms etc.

 

Ces entreprises désormais nationalisées alimenteront désormais par les impôts les budgets de la RPD et RPL au lieu d’alimenter le budget de l’Ukraine. La perte pour l’Ukraine est difficile à estimer mais se compte en centaines de millions d’euros, peut-être proche du milliard. Les revenus de l’Ukraine prévus au budget 2017 sont de 30,3 milliards d’euros. De plus ce désastre a conduit le FMI à repousser le paiement de la prochaine tranche d’aide d’un milliard de dollars dont Kiev a un besoin vital. De l’autre côté, cet argent permettra d’améliorer le niveau de vie des habitants de RPD et RPL.

 

Les deux républiques ont également réorienté leur économie à l’exportation vers la Russie. Du fait du blocus, l’Ukraine a été obligée d’importer de grande quantités de charbon, essentiellement de Russie. Or la RPD a commencé à exporter son charbon vers la Russie. Nous allons donc vite nous trouver avec une situation où l’Ukraine va recommencer à acheter du charbon du Donbass mais en le payant plus cher (le surcoût pour l’achat réalisé récemment de l’ordre de 100 millions de dollars), et avec des mines qui gardent les bénéfices dans le Donbass au lieu de ‘envoyer à Kiev sous forme d’impôts et de dividendes. Ce retournement de situation est tellement spectaculaire que les autorités de Kiev ont accusé la Russie d’avoir manipulé les ultra-nationalistes à son avantage. Ben voyons, des énergumènes qui hurlent «à mort les Russes !» sont aussi des agents de Poutine…


Un autre élément récent s’est ajouté à cette catastrophe : La caisse d’épargne russe (Sberbank) s’est mise à reconnaître les passeports de DNR et LNR comme des documents d’identité valide en Russie. En rétorsion les ultra-nationalistes, et particulièrement les néo-nazis d’Azov, ont protesté et sont allé jusqu’à murer l’entrée du siège de Sberbank Ukraine. Il n’y a pas encore de conséquence macro-économique mais elles viendront, puisque dans cette ambiance délétère, les entreprises russes perdent tout intérêt à investir en Ukraine.

 

La principale source d’investissements étrangers en Ukraine est Chypre, mais en réalité ce sont surtout des entreprises détenues par des Russes. Toute cette histoire pourrait donc conduire à un effondrement des investissement en Ukraine. non seulement les entreprises russes sont maintenant au moins tentées de vendre ce qu’elles possèdent en Ukraine mais en plus l’incapacité des autorités à faire respecter la loi n’encouragera pas les investisseurs potentiels d’autres pays.

 

Effondrement moral


L’Ukraine est également un pays dont l’effondrement moral est terrifiant. On sait le rôle important qu’on joué les néo-nazis dans la «révolution» de 2014. Leur rôle ne fait que s’accroître. Nous y reviendrons plus en détail dans des articles à venir. Il est par exemple actuellement question de dresser un monument à la mémoire de Simon Petlioura, nationaliste de la «révolution ukrainienne», tué à Paris en 1926 par un Juif qui voulait se venger des milliers de victimes des pogroms de Petlioura.

 

Un autre aspect de l’effondrement moral de l’Ukraine est que le gouvernement de Kiev accuse la Russie d’absolument tous les maux. Un homme politique russe vient d’être tué à Kiev ? C’est la faute de Poutine. Le même jour un dépôt de munition explose dans la région de Kharkov, toujours la faute de Poutine. Un mot justement de cette explosion. En réalité il s’agit d’un immense dépôt de munition, des milliers de tonnes, étalées sur environ 10 km². Il n’y a pas eu une seule explosion mais de très nombreuses, peut-être une par minute environ pendant tout un jour et une nuit.

 

Ce sont donc des centaines et peut-être des milliers de tonnes de munitions qui n’iront pas tuer la population du Donbass. Les accusations de Kiev sont ridicules, mais la RPL a émis une idée intéressante : Ce pourrait être les soldats ukrainiens qui ont déclenché cet incident afin que personne ne découvre qu’ils avaient vendu de grandes quantités de munitions en contrebande. Étant donné le niveau de corruption stratosphérique de corruption en Ukraine, ce n’est pas à exclure.

 

Une des nombreuses explosions au dépôt de munition de Balakleya, dans la région de Kharkov, «beau» symbole de la désintégration de l’Ukraine.

Le responsable de la RPD Aleksandr Zakhartchenko a annoncé que l’Ukraine se désintégrera dès cette année. Ce pourrait-il que ce soit une prédiction à prendre au sérieux ?