Image
© Reuters
L'état d'alerte est maximal sur la péninsule coréenne après que la Corée du Nord a ordonné à ses soldats de se préparer pour la guerre alors que sa voisine du Sud est prête à répondre.

Tout a commencé par un échange de tirs d'artillerie sur la frontière entre les deux pays qui s'en rejettent mutuellement la responsabilité. Les obus nord-coréens ont touché des haut-parleurs déployés le long de la frontière qui, selon Pyongyang, diffusaient de la propagande à destination des habitants du Nord.

Pour sa part, Seoul a déclaré avoir répondu à l'attaque de son adversaire du Nord et s'est déclaré prêt à « punir impitoyablement et sévèrement Pyongyang en cas d'une "provocation additionnelle" ».

Selon les estimations de la Corée du Nord, les pays sont au bord de la guerre et l'ambassadeur de Pyongyang à Moscou a indiqué que le pays était prêt à une guerre totale pour protéger son système. Cependant, Pyongyang n'a pas intérêt à cette escalade et souligne, par la voix de son ambassadeur, que « ce sont les États-Unis qui y sont intéressés ». Le diplomate en a profité pour rappeler que la Corée du Nord s'attendait à recevoir le soutien non seulement de la Russie, mais aussi de toute la communauté internationale.

Pour l'instant, Pyongyang a donné 48 heures à Seoul pour arrêter sa propagande. A défaut, le Nord entamera des actions militaires. Et si la guerre éclate, les conséquences pourraient être désastreuses.

La Corée du Nord a deux fois plus d'hommes que Seoul et pourrait profiter de sa supériorité en armes lourdes et en puissance navale. Le nombre d'avions entre les deux Corées est égal mais l'équipement de la Corée du Sud est beaucoup plus moderne. Le vrai problème pour la Corée du Sud, ce sont les supposées 20 têtes nucléaires dont dispose Pyongyang et qui pourraient être utilisées, comme le pouvoir nord-coréen l'a déclaré à plusieurs reprises.

Le facteur américain

Mais il y a encore une chose qui pourrait changer les règles du jeu : la présence américaine dans la région. Washington possède presque 15 bases en Corée du Sud et le nombre total de ses soldats est estimé à plus de 28 000. De plus, Washington et Seoul conduisent déjà des exercices militaires conjoints qui engagent plus de 100 000 hommes. Des manœuvres que Pyongyang a qualifiées de « provocation ».

En mai, le département d'État américain a confirmé qu'il défendrait son allié sud-coréen avec tous les moyens disponibles. « Les États-Unis restent totalement préparés et capables de se protéger eux-mêmes, leurs alliés ainsi que la paix et la sécurité de la région avec toute la rangée des capacités disponibles, y compris nos forces conventionnelles et nucléaires », a prévenu Frank Rose, secrétaire-assistant du bureau de contrôle des armes américain.

La guerre est-elle possible si Washington le veut ?

Le médecin Tim Beal qui est rechercher et spécialiste de l'Asie à l'université Victoria de Wellington estime que, dans cette affaire, tout dépend de Washington. La guerre éclatera si Washington le veut.

Selon lui, « il faut toujours s'inquiéter de ce qui se passe sur la péninsule », parce que c'est l'endroit où les intérêts des grandes puissances (Russie, États-Unis, Chine et Japon) s'affrontent. Et pour le moment, il ne s'agit pas d'une confrontation entre les deux Corées mais, entre Pyongyang et Séoul plus Washington », estime l'expert.