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«L’ARABIE SAOUDITE FIGURE EN TÊTE DE LISTE DES PAYS PARRAINANT L’EXTRÉMISME»

Crise du Golfe

Un rapport britannique jette un pavé dans la mare au moment où Riyad et ses alliés isolent le Qatar pour cause de «liens terroristes».

La ville de Doha au Qatar.

La ville de Doha au Qatar.Image: Reuters

 

«L’Arabie saoudite figure indubitablement en tête de liste des pays coupables de promouvoir l’extrémisme», assène Tom Wilson, chercheur à la Henry Jackson Society, un think tank britannique réputé conservateur. Dans son rapport publié ce mercredi, il rappelle que Riyad investit des millions de dollars depuis les années 1960 pour répandre «son idéologie wahhabite sectaire et intolérante» à travers le monde islamique, y compris dans les communautés musulmanes en Occident.

Ce faisant, la pétromonarchie a créé un terrain fertile pour les prêcheurs de la haine et pour la radicalisation des jeunes, accuse le chercheur tout en dénonçant l’absence au Royaume-Uni d’une enquête publique sur le financement du terrorisme.

 

C’est un pavé dans la mare britannique. Car la première ministre Theresa May, qui était en visite officielle à Riyad au début d’avril, hésite toujours et encore à publier le rapport que le Ministère de l’intérieur lui a remis il y a six mois sur cette question sensible. Par ailleurs, des parlementaires inquiets ont décidé de ne pas faire circuler un autre document stratégique préparé par le Ministère des affaires étrangères.

 

Surtout, les conclusions de la Henry Jackson Society tombent particulièrement mal pour l’Arabie saoudite et ses alliés réunis ce mercredi au Caire pour décider de sanctions supplémentaires contre le Qatar, qu’ils accusent de soutenir le terrorisme sunnite et de ménager l’Iran chiite. Sous blocus depuis un mois, le petit émirat gazier a reçu un ultimatum il y a deux semaines et celui-ci a expiré mardi à minuit. «Il est pour le moins ironique que l’Arabie saoudite pointe du doigt le Qatar pour des liens avec l’extrémisme, alors qu’elle-même n’a manifestement pas réussi à mettre de l’ordre dans sa propre maison», estime Tom Wilson dans les colonnes du Guardian.

 

Pour autant, son rapport n’exonère pas le Qatar. Il s’en prend notamment au Muntada Trust et à ses connexions avec nombre de mosquées qui ont servi de terrains de radicalisation. En particulier dans le cas d’un groupe de jeunes gens de Cardiff partis en Syrie combattre au sein du groupe Etat islamique (Daech). De même, le rapport dénonce des financements provenant de diverses monarchies du Golfe et d’Iran.

 

Mais c’est bien Riyad qui est la cible principale du rapport, pour avoir généreusement financé des mosquées radicales, des écoles utilisant du matériel saoudien ou encore la formation en Arabie saoudite de leaders religieux britanniques. Une manne dont ont pu bénéficier les «prêcheurs de la haine», issus des courants wahhabites ou salafistes et liés à l’extrémisme. Or, assure Tom Wilson, alors même que la pétromonarchie déclare vouloir mettre un frein au financement de l’extrémisme, les fonds soutenant l’expansion du wahhabisme auraient doublé entre 2007 et 2015.

 

Bref, le rapport lance un appel pour une enquête publique sur l’argent du terrorisme et un débat sur l’éventualité de bannir les financements étrangers. Ce ne serait pas une première. L’Autriche a fait le pas en 2015. La France y a songé l’an dernier.

 

(TDG)

Créé: 05.07.2017, 19h58



07/07/2017

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