© Inconnu L'OTAN joue au jeu dangereux de la guerre
Ah, bon! La Russie se montre aggressive envers l'OTAN? N'est-ce pas plutôt l'inverse? L'OTAN a trompé la Russie de Gorbachev, en intégrant rapidement des pays de l'ancien bloc du pacte de Varsovie : Pologne, Tchéquie, Slovaquie, Roumanie et les 3 états baltes, dans l'Alliance, alors que les USA avaient promis à Gorbachev qu'un glacis neutre serait maintenu. Disons que c'était de bonne guerre et l'Union soviétique était en totale déliquescence... 

Ensuite, il y a eu la déstabilisation de l'Ukraine, un acte d'agression beaucoup plus net vis-à-vis de la Russie de Poutine, cette fois, puisque l'Ukraine était une des républiques de l'URSS et que la langue de la moitié de la population ukrainienne est le russe... Yanukovitch, président démocratiquement élu (mais corrompu) dans le Donbass, a été chassé du pouvoir avec l'aide d'idiots utiles comme Guy Verhofstadt et le chaos s'est installé. 

La Russie ne pouvait tolérer de voir sa base navale de Sébastopol, symbole historique de la nation russe, « encadrée » par le nouveau régime de Kiev qui lui était nettement hostile. Le russe était supprimé comme langue de cours de toutes les écoles secondaires: un acte « culturel » violemment anti-russe et qui a suscité la révolte de tout l'Est ukrainien, la région du Donbass. La révolte grondait aussi plus au Sud, à Mariupol ou Odessa, contre le nouveau régime de Kiev. 

Poutine a agi de manière décisive, soutenu par plus de 90% des Criméens, soutenu par 70% des Russes, il a repris le contrôle de la Crimée qui était russe avant d'être rangée par Khrouchtchev avec l'Ukraine dans l'Union soviétique. La Crimée est russe aujourd'hui et ne sera JAMAIS « rendue » à l'Ukraine. Dans le Donbass, la Russie soutient à bout de bras les sécessionnistes autour de Donetsk, le grand centre industriel de l'Est ukrainien, russophone à 100%. 

La genèse honteuse du sommet de l'OTAN 

Au printemps 2014, quand la Russie a repris la Crimée, l'armée et la force aérienne américaine ont demandé à David Ochmanek, l'ancien sous-secrétaire d'Etat à la Défense, devenu consultant chez Rand Corporation, de simuler une invasion de l'Europe par la Russie, pour voir comment se comporteraient les forces OTAN. 


« War game » très sérieux en main, Ochmanek a prouvé que les chars russes ne feraient qu'une bouchée des républiques baltes et des défenses OTAN en place, avant que l'OTAN ne puisse engager une réponse sérieuse! Le dilemme à ce moment était : l'Alliance abandonne l'Europe ou lance une contre-offensive nucléaire? L'OTAN joue à se faire peur, à nous faire peur pour justifier une montée en puissance et l'apport de troupes aux frontières de la Russie : 4.000 hommes immédiatement, dont des belges; c'est confirmé par le général Van Caelenberge... Une dangereuse escalade! 

Voilà le petit jeu intéressant - ou plutôt effrayant - qui est à l'origine de l'envoi de troupes belges dans le cadre OTAN dans les républiques baltes et en Pologne au côté d'autres unités des pays membres de l'Alliance. Voilà les âneries qui vont mener nos dirigeants à projeter le menton en avant et prendre de mâles positions contre l'ennemi russe à Varsovie! Il est normal que les Etats-Majors se préparent à une guerre; mais décider tout de go dans un petit jeu que la Russie va attaquer ne signifie pas que la Russie a des intentions belliqueuses! 

Le bruit des bottes de l'OTAN 

Angela Merkel vient de faire une déclaration qui la disqualifie totalement comme leader européen. Elle avait déjà perdu tout crédit sur la question de l'invasion migratoire. La voilà maintenant qui clame, persuadée par les Etats-Unis, n'en doutons pas, que « Poutine n'est plus fiable »!
« J'ai perdu confiance », dit Merkel au Bundestag, « les agissements de la Russie dans la crise ukrainienne ont profondément ébranlé nos alliés à l'Est. Lorsque la prévalence du droit et l'inviolabilité des frontières sont remises en cause par des mots et des actes, alors la confiance diminue », a déclaré la chancelière.
Sur CBS, Obama, arrivé ce vendredi 8 à Varsovie, confirme que le sommet de l'OTAN sera un des plus difficiles (« tough »), à cause du Brexit (ndlr : comme si cela changeait quoi que ce soit à nos relations militaires avec la Grande-Bretagne!) et des menaces émergentes (« emerging threats ») de la Russie. C'est confirmé par l'ancien ambassadeur des Etats-Unis (administration Obama) à l'OTAN, Ivo Daalder, qui insiste sur les deux mêmes « grands dangers » : Russie et Brexit. C'est de la manipulation. Il n'y a AUCUNE menace russe. Ils sont en querelle avec l'Ukraine. Cela ne nous concerne pas. 

Le "war game » de Rand Corp. conclut que « l'OTAN doit déployer 7 brigades, comptant chacune de 3 à 5.000 hommes (35.000 hommes au total), seulement pour parvenir à dissuader les Russes d'attaquer les pays baltes »! L'OTAN vient d'annoncer que 4 bataillons de 1.000 hommes chacun seront déployés dans une première étape en Pologne, Lettonie, Lituanie et Estonie... alors que les Russes n'ont déployé aucune troupe supplémentaire en face. Leur déploiement est beaucoup plus au Sud, à la frontière ukrainienne; ce qui est normal. 

Réaction russe 

Konstantin Sivkov, membre du grand état-major russe de 1993 à 2005, déclare à TIME magazine que cette théorie d'une attaque russe contre les pays baltes est hautement ridicule.
« Nous n'avons ni la volonté, ni les ressources pour masser des troupes dans cette région. C'est risible », déclare-t-il.
La Russie doit d'abord intégrer la Crimée, dont toutes les fournitures venaient d'Ukraine (eau, électricité, gaz, transports,..). Le coût est important et les rentrées de l'état russe sont à la baisse, avec la chute durable du prix du pétrole et du gaz. Ce qui inquiète bien plus Moscou, c'est qu'il y aura des élections législatives cet automne et que l'opposition pourrait - comme en 2011 - organiser des manifestations de masse à Moscou contre le président Poutine et créer le chaos. 

Ce n'est PAS une bonne chose, car la Russie a depuis quelques années, face à l'agressivité de l'OTAN, recommencé à investir dans l'armement nucléaire tactique : les armes nucléaires d'un théâtre d'opération européen, pas des missiles balistiques intercontinentaux... C'est là le danger de jouer à la guerre! 

Il est urgent que les dirigeants européens cessent de rouler des mécaniques et persuadent les Etats-Unis de la nécessité d'une désescalade de la tension avec la Russie. Il faut commencer par supprimer les sanctions vis-à-vis de la Russie, qui amèneront automatiquement la fin des sanctions russes contre nos produits. C'est ce que demande le député fédéral du Parti Populaire, Aldo Carcaci, cette semaine au parlement (voir article). 

Que l'OTAN cesse de jouer à la guerre ou les choses vont mal tourner. Les fauteurs de guerre, c'est nous!