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Le fabricant suisse d'armement Ruag s'implante au Moyen-Orient

Erin Beuret

Des soldats des Emirats arabes unis déchargent des armes à l'aéroport d'Aden, au Yémen, en proie à une guerre civile.

Des soldats des Emirats arabes unis déchargent des armes à l'aéroport d'Aden, au Yémen, en proie à une guerre civile. [Nasser Awad - reuters]
L'entreprise d'armement aux mains de la Confédération Ruag a construit une filiale aux Emirats arabes unis, malgré son implication dans la guerre au Yémen. Elle a l'intention de développer ses activités au Moyen-Orient.

Ruag Simulation Company LLC. C'est le nom de la filiale implantée en toute discrétion à Abou Dhabi, révèlent le Matin Dimanche et la SonntagsZeitung. Des simulateurs de guerre y seront développés, a confirmé le groupe bernois (lire en encadré).

Cette nouvelle filiale soulève de nombreuses questions, alors que les Emirats mènent des combats au Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule en proie à une guerre civile qui a déjà fait plusieurs milliers de morts. Mais ce n'est pas tout. A deux reprises, Abou Dhabi a déjà réexporté illégalement du matériel de guerre acheté à Ruag, qui a été utilisé notamment dans le conflit syrien.

Hommes d'affaires locaux majoritaires

Seules quatre personnes sont actuellement employées à Abou Dhabi, mais entre dix et quinze sont prévues au cours des 12 prochains mois.

La filiale appartient à 51% à des hommes d'affaires locaux, dont l'identité est tenue secrète par Ruag, qui assure qu'il ne s'agit pas de fonctionnaires émiratis.

fme

Publié à 12:10 modifié à 12:24

Apprendre à tirer ou à manier correctement un char d'assaut

Des simulateurs militaires, instruments grâce auxquels les militaires pourront apprendre à tirer ou à manier correctement un char d'assaut, seront développés à Abou Dhabi, ont révélés le Matin Dimanche et la SonntagsZeitung. Selon ces journaux, ces instruments pourraient bénéficier aux soldats du régime yéménite.

"Selon les médias locaux, les Emirats leur ont en effet offert une formation au combat, au maniement des armes et aux premiers secours", écrivent les hebdomadaires suisses.

Le directeur de Ruag Urs Breitmeier se défend pourtant de contourner les règles strictes concernant les exportations: "Nous faisons à Abou Dhabi uniquement ce que nous sommes autorisés à exporter selon la loi suisse", a-t-il répondu.
Des filiales dans 14 pays
Une réflexion est actuellement en cours à Berne pour savoir si Ruag devrait être privatisée. Un changement souhaité par l'entreprise, qui rêve d'une plus grande liberté entrepreneuriale, précisément pour se développer à l'étranger.

Si l'armée suisse reste son plus gros client, elle ne représente plus qu'un tiers des revenus de Ruag, qui pèse 1,7 milliard de chiffre d'affaires annuel.

Sa croissance s'est essentiellement faite dans le secteur civile et à l'étranger. Le groupe possède des filiales dans 14 pays, dont la France, l'Allemagne, la Suède, la Hongrie, le Brésil, la Malaisie, l'Australie, les Etats-Unis, et désormais, les Emirats arabes unis.


04/12/2016

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