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Les adieux à "Mamaï"

Tandis que le silence domine les rangs de Piatnashka plus que jamais serrés dans l'adversité, nous avons aujourd'hui salué la dépouille mortelle de notre "Commandeur" tué sur le front de Promka le 17 mai dernier. la cérémonie d'adieu et recevons des témoignages  et informations sur ce qu'il convient d'appeler le dernier combat de Mamaï.
 
Cette cérémonie d'adieux s'est déroulé dans le centre ville de Donetsk devant les délégations des bataillons et une foule très nombreuse venus remercier une dernière fois ce volontaire ossète qui a donner sa vie pour la Liberté du Donbass.
 
 
Samedi 19 mai 2018
 
Au matin et sans enthousiasme nous nous préparons pour nous rendre à Donetsk assister à la cérémonie d'hommage et d'adieux de la République Populaire de Donetsk à Oleg Mamiev, le chef de la Brigade Piatnashka, tué au combat le 17 mai soir sur le front de Promka.
 
La veille quelques uns étions allés acheter dans le district proche de Kalininski des œillets et une grande gerbe de fleurs en forme de larme aux couleurs de l'Ossétie, la patrie charnelle de "Mamaï".
 
Lorsque nous arrivons à l'opéra de Donetsk sur "Artema", l'avenue principal de la ville, la famille et la garde d'honneur entoure le cercueil d'où émerge le visage tuméfié mais serein de cet homme appelé par le le dieu des batailles à 41 ans. Rapidement arrivant de toutes les rues de Donetsk convergent des groupes de civils épars ou des délégations alignés de soldats, tous venus saluer leur héros et déposer à ses pieds une rosée de larmes sur une fleur posée.
 
De minute en minute, la rue se remplit d'une foule silencieuse venue remercier l'ami tandis que les délégations de tous les bataillons arrivent pour un dernier salut au commandeur. Mamaï par sa personnalité n'était pas la star des médias propagandistes, d'un naturel très discret il préférait se fondre au milieu de ses hommes qu'il commandait avec son exemple et son cœur, aussi l'immense foule venue le saluer ce matin n'en était que plus impressionnante et révélait le lien sacré entretenu naturellement par la population du Donbass avec ses défenseurs.
 
Les larmes sont sur tous les visages et beaucoup d'épaules alourdies par le chagrin recueillent la chaleur d'une main tremblante. Autour du cercueil de Oleg Mamiev appareillé pour son dernier voyage, la famille se recueille tandis que les milliers de mains viennent fleurir les requiems qui s’enchaînent au dessus du silence et des cœurs.

 

Au sortir de la salle 4 camarades de la Brigade, eux aussi originaires de l'Ossétie reçoivent les accolades de leurs frères d'armes, et lorsque je sors à nouveau à l'extérieur, une pluie passagère est au rendez vous, comme si les dieux voulaient joindre leurs larmes aux nôtres.


Désormais, une foule silencieuse a envahi l'immense place de l'opéra de Donetsk et les contre allées bordant l'avenue Artema, Les rares conversations sont chuchotées et je suis impressionné par ces hommes, ces femmes et ces enfants venus remercier cet homme d'Ossétie venu se battre dans le Donbass, tous prouvant s'il en était besoin leur appartenance charnelle au Monde Russe.

Sous les auspices d'un vieux chars victorieux, la foule a envahi les contre allées de l'avenue Artema

La peine d'un frère d'armes, d'un ami et d'un compatriote ossète
La peine et le devoir guide les pensées des camarades
Les frères d'armes des tous ses combats et de toujours sont venus accompagner Mamaï pour son dernier voyage

L'épouse de Mamaï et mère de son petit garçon dans un dernier regard et une immense dignité

Il est plus de 13h00 quand le cercueil porté par ses frères d'armes sort du bâtiment sous les "Spassiba" de la foule restée jusqu'au départ de celui qui est devenu un enfant du Donbass  par son sang versé. Nous retournons avec notre commandeur vers le bataillon, cette "Brigade Piatnashka" qui était sa deuxième famille pour un dernier rassemblement avec lui.
 
Dans l'intimité de la cour de la caserne nous entourons "Mamaï" accompagnés du député "Abkhaz" son ami et premier commandeur de Piatnashka ainsi que du Ministre de la défense "Kononov" lui aussi ancien compagnon d'armes des premiers combats menés par Oleg Mamiev dès 2014.
 
A 16h30 j'ouvre une dernière le portail de la caserne de "Piatnashka" à son commandeur en partance pour la terre de son Ossétie natale, mais sachant que cette page jamais dans mon cœur ne se refermera.
 
Erwan Castel
 
Les autres extraits de ce journal du front peuvent être retrouvés ici : Journal du Front

Un souvenir de Mamaï

Depuis sa disparition les souvenirs des minutes passées avec cet homme exceptionnel ne cessent de se bousculer dans la mémoire du cœur, Loin des actions militaires dont tout le monde logiquement et légitimement parle pour évoquer sa mémoire, c'est la belle relation qu'il entretenait avec "Staï" son jeune lynx que je veux vous offrir ici, car le félin sauvage reste toujours sauvage comme il sait sentir et ressentir les sentiments vrais des êtres à qui il n'accorde qu'exceptionnellement sa confiance.
 
La confiance et la complicité de Staï
Le dernier combat du commandeur

Il est 22 heures ce jeudi 17 février 2018, une équipe de reporters est sur "Dunaï" une des positions que la Brigade tient entre Yasinovataya et Avdeevka. Le chef de bataillon comme d'habitude est là en première ligne avec ses soldats pour assurer la sécurité de l'équipe. Ce soir là les ukrainiens tirent encore et toujours aux armes légères et bombardent avec un AGS 17, ce lance grenades automatique redoutable de 30 mm capable de menacer le fond des tranchées les plus profondes.


Un premier bombardement a eu lieu et Mamaï, sorti pour évaluer la situation, se retrouve sous le feu d'un deuxième tir rapide court mais précis : 3 grenades explosent sur la tranchée et l'une d'entre elles blesse mortellement Mamaï tandis que les reporters qui étaient avec lui ,à l'abri de son corps ne sont que légèrement blessés.
 
Le dernier combat de Mamaï le 17 mai 2018

 
Grièvement blessé à la tête et au thorax, Oleg Mamiev est emmené d'urgence à l’hôpital principal de Donetsk, mais il décède pendant l'opération désespérée qui était tentée sur lui.
 
Reportage sur les derniers instants de la vie de Mamaï
 
Témoignage recueilli le lendemain

Dans une diatribe propagandiste pitoyable Dmitry Iarosh, le petit führer de Paryvi Sector qui s'est enfui depuis longtemps de la ligne de front pour aboyer sans risque dans les alcôves du pouvoir kiévien, a félicité les ukrainiens pour la mort du commandeur de Piatnashka, et en les nommant personnellement : "Chorny", le Commandant de bataillon, "Rambo", le commandant de compagnie et "Kipish" le servant de l'AGS meurtrier. 
 
Erwan Castel


20/05/2018

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