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Les Ukrops hissent le drapeau US...

Tout un symbole : dans la nuit du 15 au 16 juillet, sur le front de Yasinovataya,

les ukrainiens ont hissé le drapeau étasunien en face de nos positions républicaines

  (à moins que ce soit un contractor yankee comme il s'en trouve ici)

 

PHOTO DU JOUR: 16 JUILLET

 

Ce matin le front s'est réveillé avec une série de roquettes antichars tirées sur notre "Forteruine" les habituels tirs d'armes légères tandis qu'au loin (500 mètres) un BTR ukrainien (transport de troupe blindé à roues) peinant dans une lisière et faisant entendre le halètement de son moteur.

Mais c'est à l'Ouest que nous ait apparu ce matin, flottant en maître au dessus des positions ukropithèques, le Star and Stripes (ça doit faire en abrégé) symbole autant de ce chaos ukrainien déclenché sur le Maïdan par Washington en 2014 que de la rencontre du jour entre le les présidents Poutine et Trump dont L'OTAN entraîne et équipe désormais les soudards danseuse Kiev.

 

Sur ce secteur précis de Promka, c'est la deuxième fois en 6 mois que le drapeau étasunien vient nous narguer et surtout rappeler à nos ennemis pour qui depuis le Maïdan ils versent leur sueur et leur sang.

Un rappel que la propagande pro russe ne pourrait pas mieux faire !

Erwan Castel

 

 

L'ordre contre le désordre

 
Aujourd'hui les présidents Trump et Poutine se rencontrent à Helsinki sur fond d'une nouvelle guerre froide pour ne pas dire d'une "paix chaude" au vu des conflits en cours (Syrie Ukraine) opposant leurs 2 visions du monde.
 
Trump et Poutine ont certes des convergences d'opinions notamment dans leurs discours conservateurs (tant que les valeurs évolutives de l'américain ne sont pas contrariées par les principes intangibles du russe). On peut également avancer le respect mutuel qu'ils ont l'un pour l'autre et des intelligences servies par des caractères hors normes qui leurs permettent de s'imposer en tant que leaders. 
 
Mais il ne faut pas non plus tomber dans le panneau caricatural tendu par des néo conservateurs paniqués qui décrivent Trump comme l'homme de Poutine (certains poussent le délire jusqu'à prétendre qu'il est même un agent du KGB/FSB !)
 
Car Trump et Poutine n'ont rien en commun ni dans le style, la personnalité, le comportement ou le discours. Et cette rencontre, entre les traditionnelles courtoisies diplomatiques introductives et les satisfactions médiatiques conclusives s'annonce être plutôt un bras de fer entre 2 visions du Monde radicalement opposées.
 
Trump en effet, malgré ses discours anticonformistes qui laissaient espérer une désescalade internationale n'a eu de cesse par ses actes de jeter de l'huile sur les foyers existants (Iran, Ukraine, Jérusalem, Vénézuela etc..) excepté  peut être en Corée du Nord où, pour le moment, une normalisation des relations semble être amorcée.
 
Aussi cette rencontre risque de tourner en bras de fer certes cordial mais difficile autour des points de tensions suivants : 

Le Moyen Orient 
 
  • La guerre en Syrie où Trump malgré un désengagement progressif de ses forces régulières continue de jouer la carte du renversement de Bachar el Assad via le soutien aux forces d'opposition syrienne ainsi que des bombardements ponctuelles.
  • La rupture de l'accord sur le nucléaire avec Téhéran qui avec de nouvelles sanctions économiques relance, pour le punir surtout de son engagement en Syrie, une escalade grave contre l'Iran et par extension le Hezbollah libanais qui sont tous deux les cibles de Tsahal. 
  • La décision incendiaire de désigner, en violation des résolutions de l'ONU, Jérusalem comme capitale d'Israël ce qui relance sciemment le conflit israélo-palestinien et les tensions avec le Liban. Ces 3 points risquent de se concentrer prochainement autour du Golan à la jonction de ces 3 pays. 
L'Europe 

  • La Crimée où Trump louvoie son attitude concernant la péninsule qui un jour doit être reconnue russe et un autre jour restituée à l'Ukraine. Sujet clivant qu'il s'est gardé d'aborder au sommet de l'OTAN.
  • Le Donbass où Trump jette de l'huile sur le feu en acceptant la livraison d'armes létales à Kiev, aussitôt suivi par ses laquais canadien et français tout en accusant la Russie de soutenir les républiques populaires de Donetsk et Lugansk. 
  • La guerre économique que Trump a déclaré avec les barrières douanières étasuniennes sur l'acier et l'aluminium qui se rajoutent aux représailles économiques ("sanctions") russophobes exponentielles décrétées depuis la crise ukrainienne, et leurs répliques russes (boycott surtaxes etc). 
L'OTAN

  • L'extension de l'OTAN vers les frontières de la Russie  et de ses alliés qui se poursuit, malgré les mises en gardes de Moscou, avec notamment l'engagement vers leurs intégrations de la Géorgie, la Macédoine du Nord, et l'Ukraine.
  • L'installation de nouvelles bases de missiles en Pologne et Roumanie, la présence permanente de manoeuvres interalliées dans mes pays Baltes, en Ukraine ou Mer Noire, avec la Russie désignée implicitement comme ennemi. 
  • La création d'ici à 2020 d'une force d'action rapide de 30 bataillons mécanisés, 30 escadrons aériens et 30 navires de combat prêts, projetables sur les frontières russes en 30 jours.
  • L'augmentation des effectifs de l'OTAN en Pologne, Roumanie, Bulgarie et pays Baltes qui sont passés de 2 000 à 15 000 hommes et prévoient d'arriver jusqu'à 60 000. Ce renforcement vers l'Est concrétise un nouveau quartier général stratégique en Pologne.
  • L'escalade de l'armement qui s'en suit, et dont chacun rejette sur l'autre la responsabilité, avec par exemple de nouvelles armes nucléaires tactiques étasuniennes et des armes russes hypersoniques et sous-marines.
Il faudrait aussi rajouter à cette liste tectonique déjà longue le "Russian gate", cette accusation d'ingérence russe dans les élections étasuniennes de 2016 ou celle plus récente de l'empoisonnement au Novitchok de citoyens britanniques et qui empoisonnent toutes deux réellement les relations entre Washington et Moscou. 

 
Dans une interview accordée le 11 juillet  au média italien "Il Giornale" le Ministre russe de la Défense Shoigou a donné filtre diplomatique la vision de Moscou en matière de sécurité nationale et internationale. 
 
Il a relevé :
  • L'incohérence de la politique étasunienne en Syrie sabote toute forme de coordination antiterroriste
  • Le danger de voir Washington quitter le traité "INF" concernant les armes nucléaires à portée intermédiaire 
Dans cet entretien le ministre Choïgou accuse sans ambages "l'élite politique américaine" de détériorer les relations entre Washington et Moscou en matière de sécurité. Il dénonce également le chaos organisé par l'hégémonie étasunienne et ses alliés au sein des pays qui refusent s'aligner sur la vision unipolaire de la City et de Wallstreet, notamment via des "guerres hybrides".
 
Sergueï Choïgou considère l'extension et le renforcement de l'OTAN vers l'Est comme une menace offensive des occidentaux contre la Fédération de Russie.
 
Il dénonce également la malhonnêteté des médias occidentaux qui ne présentent de cette nouvelle guerre froide que la réaction russe légitime, inversant ainsi la responsabilité de l'escalade ainsi attribuée à Moscou.
 
Enfin le ministre de la Défense relève également la direction et la maîtrise étasuniennes dans cette stratégie russophobe de l'alliance atlantique qui est, rappelons le, sous commandement étasunien, entre autres exemples cités par le Ministre russe : 
 
  • Le nouveau quartier général de l'US Army OTAN installé à Poznan en Pologne,
  • La base logistique de Powidz en Pologne pour desservir les fronts de l'Europe du Nord et des pays Baltes,
  • Les nouveaux stocks prépositionnés de l'Armée américaine en Europe, avec 5 sites en Pologne, Pays Bas et Belgique et 2 autres en Allemagne,
  • L'augmentation des effectifs de l'US Army dans une Norvège qui se dote de chasseurs bombardiers étasuniens F35 à capacité nucléaire.
  • Le "bouclier antimissile" (convertible en bases offensives) installé en Roumanie et en Pologne, et prochainement étendu à la Norvège qui est sous commandement US.
  • L'alliance militaire en mer du Nord entre USA, Finlande et Suède 
Etc.

Le jour même de la rencontre Trump Poutine  débute à Odessa l'exercice maritime de l'OTAN "Sea Breeze 2018" destinée à marquer son ambition territoriale devant la flotte russe de Sébastopol.
 
L'orsque l'imprévisible Trump déboule au sommet de l'OTAN la semaine dernière à Bruxelles, les plus naïfs pensaient qu'il allait signer l'arrêt de mort de l'OTAN et même s'en retirer. 
 
Or il n'en est rien, au contraire, à travers ses coups de gueule sur les dépenses budgétaires insuffisantes des États membres, le président Trump, tout en évitant les sujets clivants, s'est imposé comme le vrai patron de l'organisation, traitant avec condescendance à la limite du mépris ses soldats européens. "Les payeurs sont les décideurs"
 
Trump a aussi profité, dans cette réunion, pour par exemple tirer à boulets rouges sur le projet gazier North Stream signé entre la Russie et l'Allemagne, accusant cette dernière d'être sous la coupe économique de Moscou.
 
A Bruxelles, Trump s'est donc couronné d'une casquette étoilée et cela sans conteste, dans la perspective de cette rencontre avec Poutine.
Car le locataire de la Maison Blanche veut arriver en force à Helsinki pendant que ses troupes cette année encore enchaînent exercice sur exercice sur les frontières de la Russie comme "Sea Breeze 2018" qui se déroule actuellement en Mer Noire, ou le monstrueux "Anakonda 2018" qui en novembre accueillera 100 000 soldats, 5 000 véhicules, 150 avions et hélicoptères, et 45 navires de guerre des membres de l'OTAN, et bien sûr leurs partenaires renforcés tel que l'Ukraine ou la Géorgie qui viennent avec la Moldavie de créer une alliance militaire ouvertement déclarée anti-russe.. 
 
Et cette alliance atlantiste de rester le fer de lance du désordre mondial organisé  par des USA et qui se moquent du droit international, des traités internationaux, comme des résolutions de l'ONU. 

En face de cette stratégie du chaos, la Russie est procédurière, cherchant au maximum à respecter la volonté des peuples, la souveraineté des gouvernements et l'accord des instance internationales à ses actions.
 
De fait, la vision multipolaire proposée par la Russie et ses alliés propose un ordre réel du monde fondée sur le respect mutuel la franchise et des règles partagées alors que cette entité ultralibérale qui s'autoproclame "nouvel ordre mondial" ne répand depuis des décennies, avec destruction, mort, chaos et désordre sur la planète.
 
Trump peut dire ce qu'il veut, à Washington ou Bruxelles, jouant de provocation en boufonnerie son rôle de trublion imprévisible, il est certain que devant de maître du Kremlin il devra jouer cartes sur table et avancer sur le grand échiquier plus d'actes que de paroles.
 
Il faudra certainement attendre plusieurs jours après les communiqués officiels qui jailliront de cette rencontre pour savoir ses résultats et qui de la Paix ou de la Guerre va se lever à l'horizon.
 
Pour ma part en tant que simple volontaire engagé sur le front du Donbass, le seul et vrai résultat de cette rencontre dont je prendrai acte ce sera le terrain qui me le donnera.  
 
En attendant et pour l'espérance de paix, je reste plutôt pessimiste. .
 
Erwan Castel 


17/07/2018

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