...extrait de l'article  http://lesakerfrancophone.fr/les-etats-unis-sont-a-la-veille-daffronter-la-pire-crise-de-leur-histoire The Saker L’article original 

Lorsque Poutine est arrivé au pouvoir, il a hérité d’un Kremlin totalement corrompu et infesté de traîtres comme l’est la Maison Blanche actuellement. Quant à la Russie, elle était à peu près dans le même état que l’Ukraine indépendante gouvernée par les nazis. La Russie était aussi dirigée par des banquiers et par des marionnettes anglo-sionistes, et la plupart des Russes menaient des vies misérables. La grande différence est que, contrairement à ce qui se passe avec Trump, la version russe des néocons étasuniens n’a jamais vu le danger venir de Poutine.

 

Il avait été choisi par les élites dirigeantes en tant que représentant des services de sécurité pour servir aux côtés d’un représentant de l’argent des grandes entreprises, Medvedev.  C’était une solution de compromis entre les deux seuls pans de la société russe qui fonctionnaient encore, les services de sécurité et l’argent du pétrole et du gaz. Poutine avait l’air d’un petit bureaucrate dans un costume mal taillé, un petit gars timide et quelque peu maladroit qui ne représenterait aucune menace pour les puissants oligarques de la semibankirshchina (les Sept Banquiers) qui dirigeaient la Russie. Sauf qu’il s’est révélé comme l’un des dirigeants les plus redoutables de l’Histoire russe. Voici ce qu’a fait Poutine sitôt qu’il est arrivé au pouvoir.

 

Premièrement, il a restauré la crédibilité du Kremlin auprès des forces armées et des services de sécurité en écrasant rapidement et efficacement l’insurrection wahhabite en Tchétchénie. Cela a établi sa crédibilité personnelle auprès des gens sur lesquels il devrait compter pour affronter les oligarques.

 

Deuxièmement, il a utilisé le fait que tout le monde, chaque homme d’affaire et société en Russie avait plus ou moins enfreint la loi pendant les années 1990, ne serait-ce que parce qu’il n’y avait plus vraiment de loi. Au lieu de réprimer les désirs d’activités politiques de Berezovski ou Khodorkovski, il les a écrasés avec des accusations de corruption (tout à fait vraies).

De manière décisive, il l’a fait publiquement, envoyant un message clair aux autres ennemis jurés : les médias.

 

Troisièmement, contrairement aux hallucinations des organisations de défense des droits humains occidentales et des libéraux russes, Poutine n’a jamais supprimé toute dissidence ni réprimé les médias ou, encore moins, ordonné le meurtre de qui que ce soit. Il a fait quelque chose de beaucoup plus intelligent. Vous vous souvenez que les journalistes modernes sont surtout et avant tout des presstitués, n’est-ce pas ? En réprimant sans merci les oligarques, Poutine a privé les presstitués de leur source de revenu et de soutien politique.

 

Certains ont émigré en Ukraine, d’autres ont démissionné et quelques-uns ont été laissés là comme dans une réserve ou un zoo dans quelques organes de presse très clairement identifiables comme Dozhd TV, Ekho Moskvy Radio ou le journal Kommersant.  Ceux qui avaient émigré sont devenus sans importance, quant à ceux qui sont restés dans le «zoo libéral», ils étaient inoffensifs puisqu’ils n’avaient plus aucune crédibilité. Fondamentalement, tous les autres ont «capté le message». Après cela, il suffisait de nommer quelques vrais patriotes (comme Dmitri Kiselev, Margarita Simonian et d’autres) à des positions clé et tout le monde a rapidement compris que les vents de la fortune avaient maintenant tourné.

 

Quatrièmement, une fois que les principaux organes de presses étaient revenus à la raison, il n’a pas fallu trop longtemps pour que les partis «libéraux» (dans le sens russe, c’est-à-dire pro-américains) entrent dans une spirale mortelle dont ils ne se sont jamais relevés. Cela, à son tour, a débouché sur l’éjection de tous les «libéraux» de la Douma, qui ne comprend maintenant plus que quatre partis, tous plus ou moins «patriotes».

Ça, c’est la partie qui a marché.

 

Jusqu’à présent, Poutine a échoué à éjecter les membres de la Cinquième colonne, que j’appelle les «intégrationnistes atlantiques» (pour les détails, y compris leurs noms, voir ici) du gouvernement lui-même. Même le célèbre Alexei Koudrine n’a pas été renvoyé par Poutine, mais par Medvedev. 

Les services de sécurité ont réussi finalement à se débarrasser de Anatoli Serdioukov, mais ils n’ont pas eu le pouvoir nécessaire pour le mettre en prison. Je continue à penser qu’une purge aura lieu, mais Alexander Mercouris n’est pas d’accord. Quoi qu’il en soit, ce qui est certain, c’est que Poutine n’a pas pas affronté les membres de la Cinquième colonne dans le secteur bancaire et financier et que ces derniers ont veillé soigneusement à ne pas lui fournir de prétexte à prendre des mesures contre eux.