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L’Ukraine de Porochenko recrute une « Armée de Trolls »

Les troupes de l’information (des trolls) de Porochenko

Les Ukrainiens se sont lancés depuis quelques semaines dans le recrutement de volontaires pour former ce qu’ils appellent « les troupes de l’information ». Le procédé est connu depuis longtemps, L’Union européenne devant la montée de l’opposition à son existence, dans tous les pays membres et dans les pays que visent l’UE pour l’intégration avait annoncé il y a quelques mois, le recrutement de centaines d’internautes, leur rôle : faire du trollage. Qu’est-ce que le trollage ?

Troller sur internet pour le compte de l’Union européenne ou de l’Ukraine est une action simple. Les internautes naviguent sur la toile à la recherche des forums, des réseaux sociaux, des espaces d’expression sur les médias officiels ou alternatifs. Dans le cas des volontaires qu’il recrute en Ukraine, leur rôle est de trouver les endroits où les russophones, russophiles et les Russes communiquent entre eux ou cherchent à réinformer les gens. Le principe est de systématiquement réagir, notamment et surtout sur les lieux où il y a énormément de passage de lecteurs internet, pour réagir aux commentaires de ceux qu’ils rangent comme leurs ennemis. La technique consiste à contredire leurs propos mais en utilisant plusieurs comptes. Ainsi une seule personne peut se trouver aux commandes d’une centaine de comptes factices, créés avec des adresses électroniques pour chacun d’entre eux et qui donnent l’illusion que plusieurs personnes viennent réagir.

Les troupes de trolls ukrainiens

L’effet de masse des réponses négatives est dissuasif. Le lecteur qui n’a pas les connaissances nécessaires pour juger, se rangera à l’avis du plus grand nombre dans le doute. Une seule voix, esseulée et même pertinente, ne compte alors plus pour grand-chose face au débarquement de plusieurs dizaines de contestataires. Cette technique est redoutable. Sur les médias qui ne sont pas protégés, les trolls sont également formés à la création de robots. Ces derniers postent sans relâche de manière automatique, mais sont bien sûr moins efficace qu’une recrue humaine. Ils permettent toutefois de pallier encore plus le nombre et d’inonder la toile internet. Le brave internaute ainsi accroché par plusieurs « personnes » mettant en doute ses propos aura la plupart du temps le réflexe de la retraite. Une personne normale n’a en effet pas des heures à perdre pour polémiquer sur des sujets tels que l’Ukraine. Le troll utilisera d’ailleurs, pour les plus habiles des techniques de psychologie.

Les méthodes sont diverses, certaines sont violentes, l’internaute est pris à la gorge par des propos violents. Il est agressé verbalement et le tout se mélange dans un langage fleuri et grossier avec de subtiles menaces. Le citoyen lambda encore une fois n’est pas intéressé à de telles empoignes. Le but est de le décourager, d’instaurer de la nervosité qui amèneront l’internaute en question à se demander s’il ne perd pas son temps, surtout pour recevoir des insultes qui sont souvent très personnelles et qui visent à blesser. Le résultat est une retraite définitive qui est en fait une capitulation. D’autres méthodes sont plus fines, elles consistent à développer une rhétorique bien rôdée qui démontrera pour le public de lecteurs la fausseté des propos de l’internaute visé par le troll. Il s’agit là, par l’expérience, les qualités rédactionnelles, des connaissances, de marginaliser l’internaute pour le montrer à la communauté de lecteurs comme un imbécile. Cette technique, que j’appellerais « la cour de récréation », vise à attirer d’autres internautes neutres à intervenir pour moquer la personne prise dans ce filet. Comme dans les cours de récréation de nos enfants, les plus faibles sont alors stigmatisés et montrés du doigt. La guerre de l’information est également psychologique, l’impression de masse d’informations contraires réduit ceux qui ont une opinion différente à se retrancher sur eux-mêmes et à être cloisonné dans leur milieu. Chaque internaute contrebattu et repoussé signifie la possibilité de dominer l’opinion de milliers d’autres qui sont sur un terrain neutre et qui ne se forgent leur propre idée sur un sujet étranger et inconnu que sur ce qu’ils entendent et lisent.

La guerre de l’information ne se fait plus seulement dans les médias officiels qui ne sont consultés que par les citoyens lambda encore naïfs sur la pertinence des informations distillées. Aussi le but est de poursuivre le travail de propagande là où l’espace de liberté existe encore : sur internet. L’effet recherché est le même que pour les médias traditionnels, un battage médiatique systématique, visant à enterrer les informations alternatives, les marginaliser et les catégoriser dans la case « théorie du complot » ou « propagande russe ». L’argent américain a permis au gouvernement de Porochenko de fonder le média Ukraine Tomorrow et d’appeler à la création de cette fameuse armée : « Rejoignez l’armée de l’Ukraine et recevez des informations pour des tâches quotidiennes dans votre messagerie personnelle, c’est une balle dans l’esprit de l’ennemi ! » ou encore sur ce site officiel : http://i-army.org/ « Bienvenue sur la page d’information du personnel des troupes ! Comme vous le savez, la guerre de la Russie contre l’Ukraine est appelée hybride. Tout cela parce que la guerre est réelle, mais les informations sont mensongères. Le combat est mené contre nous sur plusieurs fronts, dont un des plus importants est celui de l’information. L’an dernier nous avons pu créer une armée puissante qui nous protège courageusement dans le Donbass, maintenant, il est temps de battre les envahisseurs russes sur le front de l’information ».

Les trolls de Porochenko

Vous apprécierez, le terme « envahisseurs russes » qui est accolé aux insurgés du Donbass qui sont pourtant Ukrainiens… Cette propagande est celle d’ailleurs reprise par nos médias français qui depuis quelques jours parlent sans complexe de « la guerre de la Russie en Ukraine ». Cette propagande n’a qu’un seul but, effacer du paysage médiatique les populations du Donbass, ukrainiennes mais russophones en les remplaçant par des Russes. Ainsi, l’écrasement militaire de ces gens se justifie aux yeux de l’opinion publique, ce ne sont plus des insurgés…mais des envahisseurs. Tant pis, s’ils vivaient ici depuis des centaines d’années ! Et le pire c’est que cela fonctionne…

Par Laurent Brayard pour Novorossia Vision



04/03/2015

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