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Porton Down, laboratoire des expériences américaines sur les armes chimiques et biologiques

Une nouvelle investigation de la journaliste bulgare Dilyana Gaitandzhieva révèle des expérimentations secrètes sur des armes chimiques et biologiques effectuées à Porton Down et ailleurs.
Le Pentagone a dépensé au moins 70 millions de dollars pour mener des expériences militaires relatives aux virus mortels et aux substances toxiques dans un centre britannique militaire Défense Science and Technology Laboratory (connu également sous le nom de Porton Down), affirme madame Gaitandz.
Cet établissement qui relève du ministère britannique de la Défense est installé à 13 kilomètres de la ville Salisbury (sud-ouest de l’Angleterre) où Sergei Skripal et sa fille ont été empoisonnés le 4 mars.

Il est remarquable que l’Agence américaine de réduction des menaces (DTRA) soit un financeur essentiel de ce labo. En 2011, les États-Unis ont obtenu un accès illimité aux recherches scientifiques britanniques, qui y sont menées, conformément à l’accord signé avec le ministère de la Défense du Royaume-Uni.
Créé en 1916, Porton Down est considéré comme le plus ancien laboratoire chimique dans le monde. Pendant la Première Guerre Mondiale, les chercheurs du centre y ont élaboré des gaz toxiques à des fins militaires. Lors de la Deuxième Guerre Mondiale, le laboratoire a servi de plateforme pour le développement d’arme bactériologique composée de bacilles d’anthrax.
Dans les années 2012 et 2017, DTRA a octroyé près de 40 millions de dollars au laboratoire pour des expériences sur des poisons chimiques. Il est notoire que pendant cette période, les chercheurs britanniques ont effectué des expérimentations sur des animaux en utilisant du gaz moutarde, du phosgène ainsi que des substances neurotoxiques telles que VX et VM.
Au total, plus de 122 mille animaux ont servi de cobayes pour leurs expérimentations. Des souris, des rats, des singes, des brebis, des putois…la plupart d’eux ont été tués, beaucoup en souffrance.  Il est à noter que les spécialistes ont aussi testé des méthodes d’empoisonnement, notamment celle d’aérosol, c’est-à-dire, ils ont étudié les voies d’acheminement d’armes chimiques.
Selon Dilyana Gaytandzhieva, les chercheurs de Porton Down auraient testé des gaz chimiques sur des passagers dans le métro de Londres. Il existe même l’accord de coopération entre le laboratoire et le métropolitain de la capitale britannique pour la période de 2011 à 2014. Des spécialistes dispersaient du gaz de l’hexafluorure de soufre (SF6) et d’autres agents pour «étudier des fonctions pulmonaires chez des personnes.» Mais le gouvernement britannique a gardé le silence sur des expériences réalisées à l’insu des passagers.
En outre, le Pentagone a financé plusieurs recherches de Porton Down sur des virus biologiques, dont une somme totale dépasse 15 millions de dollars. Des expériences ont également été réalisées sur les animaux. Ils ont été infectés par le virus Ebola, la fièvre hémorragique du virus de Marburg, le virus de l’encéphalite équine et d’autres maladies contagieuses mortelles.
Selon des rapports, tous les animaux ont été morts. Des spécialistes ne s’intéressaient qu’aux données statistiques :  le temps jusqu’à la mort et la dose létale d’infection. Cette information est nécessaire pour développer des armes biologiques, des méthodes de leur utilisation et la création de moyens de livraison appropriés, souligne la journaliste bulgare.
Il est probable que le laboratoire dispose des échantillons d’un gaz de classe «Novichok». Sinon, les spécialistes de Porton-Down n’auraient pas réussi à établir l’origine de la substance qui a servi à empoisonner M. Skripal et sa fille si vite. Selon Gaytandzhieva, des employés américains de DTRA auraient pu apporter les échantillons de ce gaz en Grande-Bretagne. Dans les années 90, l’agence a liquidé le stockage d’arme chimique en Ouzbékistan où le «Novichok» avait été produit.
Il est intéressant que les DSTL et les Royal Marine Commandos eussent mené des exercices face aux menaces chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires dans la plaine de Salisbury quelques jours avant l’empoisonnement des Skripal. Lors de ces exercices, des militaires ont appris à utiliser des agents toxiques pour lutter contre les terroristes. 
Liens :
 
Photo: Porton Down
Christine Benoît


13/04/2018

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