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Pourquoi cette omerta autour de l’affaire Légeret ?

Madame Mireille Aubert, ex-Députée vaudoise du parti socialiste, vient de s'exprimer dans la presse au sujet de l'omerta qui entoure l'affaire Légeret.

C'est une excellente nouvelle de savoir qu'une ex-politicienne dénonce cette erreur judiciaire, mais pourquoi Mme Aubert a-t-elle attendu 12 ans avant de s'exprimer ?

Et pourquoi les Députés vaudois en fonction se taisent-ils ? 

 

Pourquoi cette omerta autour de l’affaire Légeret?

L'invitée Mireille Aubert, ancienne députée et présidente de la Commission des visiteurs de prison du Grand Conseil.

Douze ans que François Légeret croupit en prison pour des délits qu’il a toujours niés et pour lesquels il n’y a aucune preuve. Bien au contraire: des témoignages crédibles rendent sa présence sur la scène de crime – ou d’accidents – impossible au moment retenu dans le jugement fondant sa culpabilité, dans les décès de sa mère et d’une amie de celle-ci.

Il devrait donc y avoir, au minimum, présomption d’innocence, puisque le doute est censé profiter à l’accusé. Eh bien pas dans le canton de Vaud. La persuasion du Parquet a envoyé un innocent en prison à vie, et l’y maintient, ignorant avec superbe tous les nouveaux témoignages annihilant la version des faits retenue.

 
Un article extrêmement complet paru dernièrement dans un hebdomadaire suisse fait toute la lumière sur cette affaire. Pourquoi nos médias n’ont-ils pas repris ces informations qui ajoutent, à d’autres déjà présentées au moment du jugement mais négligées par le tribunal, des éléments disculpant totalement M. Légeret?
 
Le citoyen a le droit de savoir pourquoi on maintient une personne en prison, alors que les éléments nouveaux réduisent à néant tout verdict de culpabilité. Le citoyen a aussi le droit d’exiger d’un État qu’il fasse la lumière sur une erreur judiciaire potentielle, pour ne pas dire probable.

 

«Je ne crois pas et n’ai jamais cru en la version des faits soutenue par le Parquet»

L’affaire Légeret semble gêner, je ne peux que le constater.

Comment expliquer sinon que l’on persiste à faire comme si les témoins nouveaux n’existaient pas ou fabulaient?

J’ai attendu la fin de mes mandats de députée pour agir, ce que je fais aujourd’hui en écrivant ces lignes.

Je le fais par conviction.

Parce que je ne crois pas et n’ai jamais cru en la version des faits soutenue par le Parquet, puis retenue dans le jugement de condamnation.

Parce que je crois en un État capable de faire acte de contrition, en un État de droit, en un État affranchi de tout arbitraire parce que l’arbitraire est liberticide.

 

L’affaire Légeret ne fait peut-être pas parler d’elle dans les hautes sphères, mais elle suscite beaucoup de discussions au sein de la population. Le citoyen lambda veut qu’on arrête de lui mentir. Il veut retrouver confiance en sa justice.

 

Lorsque je présidais la Commission des visiteurs du Grand Conseil, chargée d’examiner les conditions de vie dans les lieux de détention et de rétention vaudois – ainsi que dans les cantons concordataires dans lesquels sont emprisonnées des personnes condamnées par une instance juridique vaudoise – un de mes collègues, aujourd’hui disparu, et moi-même pensions que M. Légeret n’était pas coupable. Nous nous étions promis que lorsque nous ne serions plus au Grand Conseil, nous lui apporterions notre soutien.

 

Mon collègue n’est plus là et je ne suis plus députée. Je tiens ma promesse, toute seule, mais pour nous deux. 

(24 heures) Créé: 11.06.2018, 08h43 https://www.24heures.ch/signatures/reflexions/omerta-affa...

Votre avis

 

Affaire Légeret: Déclaration de Mme Mireille Aubert, ex-Députée Vaud/PS.

Naturellement, je suis très heureuse d’apprendre quelles sont les pensées de Mme Aubert concernant l’affaire Légeret, car, comme elle et de nombreux citoyens, je ne comprends pas pour quelles raisons il est impossible d’obtenir une révision de cette erreur judiciaire suite à ces nouveaux témoignages.

 

J’estime que dans un Etat de droit les juges ayant commis des erreurs très graves devraient être capables de les corriger eux-mêmes spontanément sans que la victime doive encore effectuer des procédures interminables, systématiquement rejetées.

 

Une question très importante me préoccupe tout-de-même : Pour quelles raisons Mme Aubert a-t-elle attendu autant d’années pour s'exprimer ?

 

Il me semble que quand elle était Députée au Grand Conseil vaudois et en plus Présidente de la Commission des prisons elle aurait pu déposer une motion au sujet de l’affaire Légeret et alerter ses collègues du Grand Conseil en exprimant ses convictions.

 

Après la lecture de son article, je lui ai envoyé un email pour la remercier mais aussi pour lui poser mes questions. Aucune réponse reçue à ce jour. 

 

Mais d'autres personnes m'ont répondu.

Voici le message reçu de Mme Danielle Russell:

Un juge qui manque à ses devoirs de fonction n'admettra jamais ses erreurs, question de prestige !!!

Le cas de François Légeret à lui tout seul est une véritable honte pour notre Etat dit de Droit ! Mais aussi, il y a beaucoup d'argent en jeu dans ce dossier et même si la Suisse a signé la Convention international contre la corruption en 2009, elle n'est pas pour autant "au-dessus de tout soupçon" dans ce domaine.

Enfin, François Légeret a la peau sombre..... et je vous assure par expérience, que dans le canton de Vaud, c'est quelque chose "qui ne passe pas". Il faut espérer que M. Eric Cottier va réfléchir, prendre ses responsabilités dans ce dossier et se rappeler qu'un jour, lui aussi aura à répondre de ses actes devant un Juge infiniment plus important qu'un simple procureur, fut-il général. bonne journée à tous.

Danielle Russell

 

Et voilà le message reçu d'un Député vaudois: 

Je ne peux bien sûr pas répondre à la place de Mme Aubert, mais je peux vous dire pourquoi moi, en tant que député, je n’interviens pas directement dans les affaires de justice, même si c’est parfois à regret : je respecte un des principes fondateurs de nos démocraties : la séparation des pouvoirs, le législatif et le judiciaire.

J’ai plusieurs fois expliqué sur ce blog pour quelles raisons la séparation des pouvoirs est un fléau pour la démocratie.

Ce principe de la séparation des pouvoirs est systématiquement utilisé à tous les niveaux en Suisse pour ne jamais contrôler le travail des procureurs et des juges et pour ne jamais critiquer leurs décisions, ni les sanctionner.

C'est bien pratique.

Cela donne bonne conscience à tous les Députés, politiciens et fonctionnaires qui se taisent.

Dans le canton de Vaud, le Département des institutions, qui comprend entre autres le Service juridique et législatif et le Service pénitentiaire, est dirigé par Mme Béatrice Métraux depuis plusieurs années, Conseillère d'Etat du parti des Verts. A ma connaissance Mme Métraux ne s'est jamais exprimée concernant l'affaire Légeret.

Je comprends pourquoi les Députés Verts préfèrent citer la séparation des pouvoirs pour ne pas dénoncer les erreurs judiciaires vaudoises.

Probablement que les Députés se taisent aussi car les juges ayant pris des décisions dans l'affaire Légeret sont nombreux et proviennent de tous les partis politiques.

Je suis totalement offusquée par ce silence qui dure depuis 12 ans ... !

Voici ma question: Une ou un Député aura-t-il enfin le courage de demander l'ouverture d'une enquête sérieuse concernant l'affaire Légeret ?

C'est urgent.

 

Suite à cet article, voilà le commentaire très important reçu ce 18 juin 2018 de M. Pierre Santschi, ex-Député des Verts vaudois:

Combien de fois faudra-t-il répéter aux "représentants du peuple" que JAMAIS MONTESQUIEU N'A PARLÉ DE "SÉPARATION" DES POUVOIRS ?

En effet, Montesquieu était intelligent, observateur et logique et dissertait sur la RÉPARTITION des pouvoirs: il avait simplement observé que chacun des 4 réels ordres de l'Etat (législatif, administratif, exécutif et judiciaire) exerce toujours, à des degrés différents dépendant de son cahier des charges, les prérogatives des pouvoirs exécutif, législatif, respectivement judiciaire, mais qu'il faut éviter une trop grande concentration de ceux-ci entre peu de mains pour éviter les abus.

La "séparation des pouvoirs" est un slogan trompeur et qui fait fi des réalités.

Il a été créé de toutes pièces par des apprentis-sorciers linguistiques et a pour effet pervers d'encourager l'exercice de l'irresponsabilité.

Ce paravent est un déni de réalité favorisé par l'actuel système institutionnel dit "démocratique".

Seuls des élus ou des membres du "Service public" à l'échine éthique solide réussissent à lui résister pour être tout simplement humains pour poursuivre inlassablement, comme nous tous, la recherche de l'amélioration de leur conscience personnelle.

Ils sont hélas fort peu nombreux, ce qui fait que, pendant ce temps-là, les institutions étatiques laissent M. Légeret croupir en prison et les opacités fiscales se poursuivre...

Suite à l'article publié par Mme Aubert, plusieurs lettres de lecteur ont été publiées dans le journal 24 Heures. Les lecteurs félicitent Mme Aubert.

Merci de diffuser cet article aux citoyens responsables et aux Députés vaudois.

Merci d'avance pour vos commentaires.

Michèle Herzog.



19/06/2018

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