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"Prêts pour l'offensive !" ...??

 Si globalement les bombardements tels que ceux de Gorlovka la semaine dernière ont à nouveau diminué depuis quelques jours, en revanche les tensions et les signes de préparations ukrainiennes pour une offensive prochaine se multiplient en de nombreux points du front. Nouveau bluff de Kiev ou offensive réelle, nous serons probablement fixé très prochainement sur ces activités croissante de l'Opération des Forces Combinées ukrainienne.
 
Après les pressions offensives menées sur Gorlovka pour tester et fixer nos forces de réaction rapide, la finalisation de la restauration opérationnelle des forces aériennes, le commandement ukrainien de l'Opération des Forces Combinées vient de fermer la côte de la mer d'Azov à cause d'opérations militaires importantes prévues.
 
Zones d'exclusions maritimes et côtières 
(la ligne de front commence à l'Est de la dernière zone et remonte vers le Nord
 
C'est Oleg Chalikov, le chef du centre de presse des Forces navales des Forces armées de l'Ukraine, qui a annoncé la fermeture de cette espace maritime à l'Est et à l'Ouest de Mariupol pour permettre le déroulement et la sécurisation d'opérations militaires.
 
"La marine ukrainienne a émis des avertissements côtiers sur la fermeture des zones de la mer d'Azov du 1er juin 2018 au 1er septembre 2018 (N ° 178, 179 SAM et forces navales de la baie blanche Belosarai Bay, n ° 180 Taganrog Bay). ZRS et AS - Tirs de missiles antiaériens et tirs d'artillerie"
 
2 explications sont possibles pour expliquer cette mesure complètement contre productive au moment d'entrer dans la période estivale :
 
  • D'une part provoquer les forces navales russes qui depuis l'ouverture du pont de Kerch qui relie la péninsule de Crimée à la Russie ont du être renforcées suite aux menaces de sabotage proférées par plusieurs responsables ukrainiens.
  • D'autre part dans le cadre de l'offensive prévue contre le Donbass, ces zones d'exclusion maritime permettront de préparer une force navale destinée à débarquer derrière le ligne de front dans le secteur de Novoazovsk.
 
Par ailleurs, une fièvre s'est emparée de la majorité des unités ukrainiennes déployées sur le front qui sur leurs réseaux sociaux piaffent d'impatience sur les startings blocks d'une offensive annoncée.
 
Ainsi de la 93ème Brigade mécanisée ukrainienne qui sur sa page officielle du réseau social Facebook a publié cette vidéo de propagande intitulée "Prêt pour l'offensive! Au nom de l'Ukraine - en avant à la victoire!" :
 
 
Dans cette vidéo on peut observer l'accent important mis sur l'emploi de cette force aéroterrestrre autour de laquelle veut s'articuler l'Opération des forces combinées remplaçant depuis le 1er mai l'Opération Spéciale Antiterroriste. 
 
Cet emploi est effectivement indispensable dans une guerre moderne pour créer une rupture brutale du front dans la profondeur, en essayant de neutraliser les dépôts et axes logistiques à partir desquels sont organisés des contre attaques.
 
Une telle montée en puissance des forces ukrainiennes, tant sur le plan matériel, tactique que psychologique ne peut durer indéfiniment, car maintenir des unités sur le pied de guerre maximum, alors qu'elles sont déjà lassées par cette guerre qui dure depuis 4 ans, peut s'avérer très rapidement contre productif pour un Commandement ukrainien déjà confronté à de graves problèmes de désertions, suicides, délits divers au sein d'unités formées en grande partie par des soldats mobilisés peu motivés par cette guerre civile provoquée par des enjeux internationaux.
 
Un soldat qui est sans cesse excité pour le combat et maintenu indéfiniment l'arme au pied finit par se coucher ou déserter.
 
Personnellement je pense que Kiev, pour ne pas voir son armée se déliter complètement et les factions nationalistes remonter à l'assaut des palais dorés de ses oligarques, se doit de lancer un coup de force sur le front du Donbass et tenter de capitaliser et crédibiliser sa nouvelle "loi pour la réintégration du Donbass" votée cette année.
 
L'idéal pour Kiev serait de créer une rupture du front suffisante pour causer des dommages aux Républiques du Donbass mais pas trop coûteuse en vies civiles pour provoquer une intervention militaire russe dont le caractère humanitaire serait incontestable.
 
Ensuite cette rupture du front doit se traduire par une capture physique d'une localité même secondaire, d'un poste frontière ou d'un carrefour important pour être visible sur le plan politico-médiatique.
Je ne crois pas que l'armée ukrainienne est prête et surtout motivée pour s'engager dans de longs et coûteux combats urbains dans Donetsk ou même Gorlovka.
En revanche le Commandement de l'Opération des Forces combinées pourrait être tenté d'occuper une localité moyenne d'importance stratégique élevée comme Dokuchaievsk ou Debalcevo. 
 
Prendre du terrain et même une petite localité est à la portée de la puissance de feu de l'armée ukrainienne, mais son problème serait ensuite de conserver militairement la capture, et aussi de gérer politiquement la population occupée.
C'est là que les casques bleus risquent d'être sollicités en urgence auprès de l'ONU pour verrouiller l'avancée de Kiev et engager leur déploiement dans le Donbass, ce qui, si la Russie n'impose des conditions draconiennes à leur mission,  ouvrira la porte au scénario yougoslave quand l'ONU avait servi directement ou indirectement les intérêts anti-serbes.
 
Les jours qui viennent vont donc être particulièrement tendus tant sur le plan de la diplomatie internationale que sur le front tactique de cette ligne de front où chacun des belligérants semble retenir sa respiration avant l'explosion à venir.
 
Erwan Castel


06/06/2018

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