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Société en délire : des amendes aux personnes obèses qui n'arrivent pas à perdre du poids

 

Adrien RenaudLe quotidien du médecinsam., 21 fév. 2015 10:25 CET

Infliger des amendes aux personnes obèses qui n'arrivent pas à perdre du poids. L'idée peut sembler brutale. Elle gagne pourtant du terrain dans le monde. Illustration avec deux exemples, venus des deux côtés de l'Atlantique.

À Puerto Rico tout d'abord, le sénateur Gilberto Rodríguez Valle a déposé début février un projet de loi visant tout particulièrement les plus jeunes. Il propose tout simplement de pénaliser financièrement les parents d'enfants obèses.

Si le texte est adopté, ce sont les professeurs qui seront chargés de détecter les cas d'obésité. Des professionnels de santé détermineront alors si la situation est due à une mauvaise hygiène de vie, ou à une maladie. Dans ce deuxième cas, ils mettront en place un programme d'activité physique et de modification des habitudes alimentaire. En cas d'échec au bout d'un an, les parents pourraient avoir à payer jusqu'à 800 dollars (environ 703 euros).

Les allocations dans le collimateur de David Cameron

Plus proche de nous, au Royaume-Uni, le Premier Ministre David Cameron a demandé le 14 février dernier à des experts du ministère de la santé d'étudier une autre proposition détonante : retirer les allocations aux personnes obèses qui refuseraient les secours de la médecine. Certaines personnes « ont des problèmes de poids qu'il serait possible de résoudre, mais préfèrent vivre d'allocations plutôt que de travailler », a critiqué le dirigeant britannique, cité par la BBC. Cette mesure concernerait une allocation baptisée Employment and Support Allowance, qui pourrait aller jusqu'à 108 livres (environ 254 euros) par semaine. Environ 100 000 personnes, écartées du marché du travail pour raison de santé, en bénéficient.

Indignation

Dans l'ensemble, les réactions à ces deux propositions ont été très négatives. L'initiative portoricaine faisait par exemple sortir de ses gonds sur le site ABC News le Dr Nikhil Dhurandhar, qui dirige le département de nutrition à la Texas Tech University : « Quelle est la prochaine étape ?, demandait-il. Va-t-on pénaliser les parents d'enfants souffrant d'autres maladies ? Peut-être le diabète ? Ou le cancer ? »

Quant à Susannah Gilbert, de l'association de soutien aux personnes obèses Big Matters, elle critique ouvertement l'idée de David Cameron : « Je pense qu'il est naïf de penser que les gens ne veulent pas changer de vie », explique-t-elle sur le site de la BBC. Penser qu'ils ne veulent pas d'aide n'est pas vrai. »

Même tonalité côté français. « Ces mesures sont choquantes car discriminantes et totalement inutiles ! », s'indigne le Pr Serge Hercberg, président du Programme national Nutrition Santé (PNNS) contacté par « le Quotidien ». Ce spécialiste de la nutrition tente de rassurer : « Je n'imagine pas que l'on voie ce type de mesures populistes en France, où au contraire le PNNS essaye de mettre en place des moyens de lutter contre toutes les formes de discrimination à l'encontre des obèses. »
Commentaire : La perversité du système ne connait pas de limites : stigmatiser les victimes du-dit système qui a lui-même mis en place, depuis des décennies, à coup de désinformation et de propagande nutritionniste, de collusions et de concessions envers l'industrie agro-alimentaire, toutes les conditions nécessaires à la création du problème. Qu'il entend régler de la pire des manières : châtiment, culpabilité.

Est-ce vraiment la meilleure des manières pour aider ses semblables que d'utiliser chantage et mesures de rétorsions ? Remercions-les pourtant, tous ces cerveaux malades qui envisagent de telles solutions : ils ne sont que le reflet exact des moyens employés, et à ce titre, nous informent bien involontairement quand à leur véritable nature.

Merveilleux prétextes enfin, pour légitimer la prise de contrôle d'un corps qui ne semble plus devoir nous appartenir.

Quelques articles en rapport :

- Petite histoire du gras : genèse d'une désinformation (Partie 1)
- Loi Santé : le corps du patient n'appartient plus à lui-même mais à l'État



23/02/2015

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