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Syrie, Russie, Turquie : OTAN, suspends ton viol !

10 octobre 2015

 

On vit vraiment une époque formidable, et le drame syrien qui enflamme et endeuille le Moyen-Orient depuis des années en est un des révélateurs les plus aveuglants, pour ne pas dire le plus obscène.

Depuis des années, la traînée de poudre destructrice provoquée par ces fumeux bien plus que fameux « printemps arabes », a d’abord mis par-dessus tête puis plongé dans l’anarchie, le chaos et l’islamisme les états tunisien et égyptien. Ces « printemps arabes » tant glorifiés par nos chers merdias, et d’ailleurs très largement inspirés, préparés, financés, promotionnés, armés (puis abandonnés au chaos qu’ils avaient engendrés) par des puissances occidentales alignées en rangs serrés et le doigt sur la couture du pantalon derrière l’imperator néocolonial américain.

Les années précédentes, le pompier pyromane occidental avait déjà fait preuve de tout son art de plonger pour des décennies des pays entiers dans le chaos : l’expédition prétendument punitive d’Afghanistan faisant suite aux « attentats » du 11 septembre 2001, l’ignominie du Kosovo pour cause de génocide totalement imaginaire, la destruction de l’Irak au prétexte d’une détention d’armes de destruction massive dont l’histoire nous a définitivement dit ce qu’il convenait d’en penser, avaient tragiquement, ignoblement prouvé les capacités de nuisance à nulle autre pareilles de l’impérialisme américain.

Puis était venu le temps, et à la plus grande honte de la France, le temps de la campagne béhachélo-sarkozienne en Libye, qui, non contente de violer outrageusement la résolution des Nations-Unies censée ne permettre que la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne au dessus du pays, avait provoqué l’assassinat ignoble du chef d’état légitime libyen, après son lynchage et son empalement sur une barre de fer, sous les yeux passifs pour ne pas dire totalement complices des forces françaises présentes sur le lieu où fut commise et abondamment filmée cette ignominie. Grâce à nos deux ordures nationales drapées dans leurs capes foireuses de « cavaliers blancs » de la démocratie, le plus riche et le plus développé des pays d’Afrique est aujourd’hui retourné à l’âge de pierre, et sert de base principale à tous les terroristes islamistes qui irradient depuis la Libye sur une bonne partie du continent. Mais ce n’était évidemment pas encore suffisant : passant de Sarkozy à Hollande, la France, caniche « otanesque » de l’Oncle Sam, continua donc son œuvre de destruction irresponsable et criminelle en s’attaquant à la déstabilisation de la Syrie…

Pourtant, comme l’irréductible village gaulois d’Astérix, la Syrie du « très méchant » Bachar El Assad a résisté et résiste encore et toujours à l’envahisseur : Les Etats-Unis d’Obama, la Grande-Bretagne de Cameron et – hélas ! – la France de Hollande ont eu beau depuis près de cinq ans déjà rivaliser de manigances, d’ingérences caractérisées dans la vie intérieure d’un état souverain pourtant reconnu par l’ONU… le Qatar, l’Arabie saoudite, la Turquie et autres états croupions arabo-musulmans ont eu beau presque ouvertement entrainer, armer, financer d’abondance les hordes djihadistes venues du monde entier (y compris de nos banlieues) mener leur « guerre sainte » de décérébrés (au seul bénéfice de l’impérialisme américain et des visées géopolitiques de l’état sioniste de Tel Aviv)… Israël a eu beau, avec l’invraisemblable mépris vis-à-vis du droit et de la simple décence qui le caractérise, ouvrir en grand ses hôpitaux aux terroristes islamistes blessés dans leur guerre barbare contre le régime légal au pouvoir en Syrie, avant de les laisser repartir faire leur « œuvre » contre les populations, notamment chrétiennes de ce pays martyr …

Et partout dans le monde occidental, les médias unanimes et serviles, menteurs et propagandistes comme ils n’avaient encore sans doute jamais oser l’être, ont eu beau simplifier, omettre, amalgamer et bien plus encore travestir les faits, idéaliser les uns et diaboliser l’autre… rien n’y a fait : la Syrie, saignée à blanc, au bord du gouffre, assaillie et trahie de toutes parts, a tenu, bien plus que l’Irak, bien plus que la Libye.

Après cinq ans de folie et de sang, cinq ans qui ont vu passer à l’acte cette prétendue « opposition modérée », principalement composée du Front Al-Nosra, filiale ouvertement revendiquée d’Al Qaïda, dont notre Sinistre des Affaires étrangères a osé dire qu’il faisait en Syrie « du bon boulot », et de l’EIL, l’Etat Islamique au Levant, vite devenu, par l’une de ces pudeurs de rosière médiatique dont nos médias ont le secret, beaucoup plus politiquement correct sous le nom de Daech (cachons cet Islam que vous ne sauriez voir !), Bachar, tel le canard de Robert Lamoureux, et même s’il « ne mériterait pas d’être sur terre » (Fabius toujours), est toujours vivant. Et la Syrie légale, même sur une seule patte, toujours debout.

Mais le terrorisme islamique encouragé, instrumentalisé, financé, armé par l’Occident, incapable de faire rendre gorge à l’armée légitimiste, s’est depuis plus d’un an répandu bien au-delà du territoire syrien : en Irak bien-sûr, mais aussi dans le Kurdistan turc, et jusqu’en Afrique, en Libye on l’a dit, mais aussi au Mali, et la liste est hélas très loin d’être exhaustive. Et si le monstre engendré par l’obscène irresponsabilité, par le cynisme abject de l’impérialisme et de l’affairisme occidentaux, s’étendant sur le mode viral, s’était d’abord « contenté » de massacrer, de violer, de lapider ou décapiter hommes, femmes et enfants en Syrie et en Irak, il s’est depuis peu décidé à frapper (ou à commander à des musulmans radicalisés de le faire) cette fois dans ces pays occidentaux même… qui avaient pourtant permis son émergence ! L’arroseur finalement arrosé : quelle terrible ingratitude !

Les ricains et leurs caniches européens, flanqués d’une Turquie jouant par ailleurs et en parfaite impunité un odieux double jeu dans la tragédie syrienne, ont donc depuis plusieurs semaines décidé de faire mine de combattre les hordes barbares qu’ils avaient avec tant de zèle et de moyens, plus que contribué à mettre en place ! Bombardant via l’US Air Force puis l’aviation turque ou un ou deux Mirage français, et de façon aussi absconse qu’inefficace, de supposées positions du seul Etat Islamique, « Dash » comme dit notre ectoplasme élyséen. Avec bien entendu des résultats dérisoires, n’enrayant en rien l’avance exponentielle du terrorisme islamique à l’œuvre en Irak comme en Syrie. OTAN en emporte le vent, en quelque sorte…

Il est à noter au passage, que la « coalition américano-anglo-arobo-turco-franco-pipo-rigolo-j’en passe et des meilleures » a pour cela, et une fois de plus, envoyé se faire voir ailleurs charte des Nations Unies et Droit international, en violant délibérément l’espace aérien d’un pays souverain : celui de la Syrie. On y reviendra, car la suite de l’histoire, sur ce point, ne manque vraiment pas de sel !

Et puis, soudain, prenant tout le monde au dépourvu, Vladimir Poutine a décidé de faire cesser la sinistre farce qui se jouait depuis trop longtemps sous nos yeux. Fort soucieux de voir des hordes de djihadistes surarmés se tourner bientôt vers le Caucase, convaincu que la chute de Bachar El Assad, tant voulue par les occidentaux, aurait des conséquences cataclysmiques pour tout le Moyen-Orient, comme celle de Saddam Hussein en avait eu pour l’Irak ou celle de Mouhamar Kadhafi pour la Libye, le chef d’état russe a lancé sa chasse aérienne, en plein accord et même à la demande du gouvernement syrien, sur les factions islamistes, sans s’embarrasser de savoir si elles se réclamaient de l’une ou l’autre des organisations terroristes djihadistes. En à peine trois jours, les résultats furent infiniment plus conséquents que ceux des centaines de sorties aériennes de la pathétique coalition d’Obama.

Evidemment, les cris d’orfraies ont immédiatement fusé : les accusations de frapper d’autres cibles que celle de Daesh ont inondé les ondes radio, les plateaux de télévision et les colonnes des merdias français, et plus généralement occidentaux. La russophobie a remis ses bottes de sept lieues, la Russie a été – il fallait oser ! – accusée… de mettre de l’huile sur le feu, de « déstabiliser » (sic) le Moyen-Orient, de tuer sans distinction des djihadistes (de Daesh) ou des opposants « modérés » (en fait tous les autres djihadistes, qui, Fabius nous l’a dit, rappelez-vous, font eux « du bon boulot »). Mais Vladimir, qui une fois qu’il a pris une décision va jusqu’au bout, s’en bat les castagnettes : les chèvres occidentales bêlent, l’ours russe fait le ménage. Et vu comme c’est parti, il est très probable qu’il va nettoyer le terrain en quelques mois, si ce n’est quelques semaines, avec l’appui au sol de l’armée syrienne, du Hezbollah et des Iraniens. Une bénédiction pour les Syriens, un probable triomphe russe, mais une catastrophe pour les néocolonialistes occidentaux et leur irresponsable « stratégie du chaos ».

Alors, même si cela ne fera pas bouger Poutine d’une oreille, tout est désormais bon pour tenter d’instrumentaliser le moindre évènement imprévu, le plus petit incident de frontière. Ainsi de la soudaine crise de nerfs du gouvernement d’Erdogan, suite à l’intrusion pendant quelques secondes d’un Mig russe dans l’espace aérien turc, lors de bombardements de camps djihadistes très proches de la Turquie (et pour cause : les terroristes font constamment des aller-retour entre les deux pays, avec la bénédiction du gouvernement d’Ankara). Et tant pis si, de son côté, la Turquie a, en de nombreuses reprises, violé l’espace aérien de la Syrie pour bombarder les combattants kurdes qui s’y trouvent !

Le gouvernement turc, a été immédiatement suivi dans ses protestations par le Secrétaire général de l’OTAN (dont la Turquie, complice des djihadistes, fait partie), le pathétique Jens Stoltenberg, qui a déclaré que « les informations que nous avons reçus me donnent des raisons d’affirmer que cela ne ressemble pas à un accident ». Une intrusion volontaire ? Dans quel but, bougre d’andouille ? Et le cuistre d’ajouter, dans le plus pur style guerre froide : « nous prenons cela très au sérieux ». Je n’invente rien…

Et les ricains, à la suite de la Turquie et de l’OTAN, de se déclarer très « préoccupés » par le « viol de l’espace aérien turc » par la chasse russe ! Les USA, dont les avions depuis des mois violent justement en permanence l’espace aérien syrien, non par accident comme le Mig russe, mais volontairement, et bien plus grave encore pour bombarder le territoire syrien contre la volonté de son gouvernement légitime, et après avoir violé l’espace aérien afghan ou l’espace aérien irakien, très « préoccupés » par un « viol de l’espace aérien » ! Mais « jusqu’où s’arrêteront-ils » (1) ? Et les responsables US de répéter comme des perroquets que « l’intervention de la Russie ne va pas dans le bon sens »… mais celle des USA, sur le même territoire syrien, ou sur l’hôpital de MSF à Kundunz en Afghanistan (22 morts, des centaines de blessés) si, peut-être ? L’hôpital qui se fout de la charité, on vous dit !

Et – bien entendu ! – les américains d’en rajouter aussitôt une sacrée louche (et dans tous les sens du terme) : ils ont ainsi osé affirmer mercredi que « la quasi totalité des frappes de la Russie en Syrie ne visaient pas les groupes Etat islamique ou ceux proches d’Al-Qaïda, mais des organisations armées syriennes modérées qui combattent le régime de Damas ». Si, si !

Alors, Turquie, USA, France, Arabie Saoudite… vous n’en avez pas marre d’être si glauques ? Vos gueules, les moites ! Et plus simplement encore : OTAN… suspends ton viol, ça nous fera des vacances !

Marc LEROY – La Plume à Gratter



11/10/2015

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