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UN CONTREPOIDS À L’OTAN À L’EST ? L’OCS … DERNIÈRES NOUVELLES !

 

1/-Tachkent, la capitale de l’Ouzbékistan vient d’accueillir le Sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS).

2/- Quel impact aura l’adhésion de l’Inde et du Pakistan à l’Organisation de coopération de Shanghai?

3/- Un contrepoids à l’OTAN à l’Est ?

2016.05.01 PLANETE TERRE

1/-Tachkent, la capitale de l’Ouzbékistan vient d’accueillir le Sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS).

Plusieurs questions étaient à l’ordre du jour : le développement de l’organisation, lutte contre le terrorisme et les défis liés à la sécurité régionale, élargissement de l’OCS.

En parlant de développement, le président du Kazakhstan Noursoultan Nazarbaïev a parlé de la possibilité de créer une zone de libre-échange dans le cadre de l’OCS.

  • Une proposition qui a trouvé beaucoup d’échos positifs.
  • En parlant d’élargissement et c’est en effet un sujet de grande importance, l’Inde et le Pakistan deviendront vraisemblablement membres à part entière lors du prochain sommet de 2017 qui aura lieu à Astana, la capitale kazakh.
Les dirigeants de l'OCS. Le 24 juin 2016
© Sputnik. Mikhaïl Klementiev
 

L’Iran qui est observateur au sein de l’organisation a lui aussi de sérieuses chances de devenir membre de plein droit au sein de l’OCS.

  • La candidature de l’Iran est d’ailleurs soutenue aussi bien par la Russie que par la plupart des autres membres, notamment les autres pays d’ex URSS.
  • A ce titre le président kazakh, qui est en outre l’un des principaux initiateurs de l’intégration eurasiatique, a parlé des perspectives dans le cadre d’un tel élargissement:
  • « L’entrée possible à l’avenir de l’Iran au sein de l’OCS élargira les possibilités de notre interaction commune. En tenant compte de l’entrée des nouveaux membres, l’OCS représentera plus de 60% du territoire de l’Eurasie, 45% de la population mondiale, plus de 19% du PIB mondial ».

 

Pour rappel, l’Organisation de coopération de Shanghai réunit en son sein six membres fondateurs:

  • 5 issus de l’ex-URSS, à savoir la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan,
  • ainsi que la Chine. L’Empire du Milieu place d’ailleurs un très grand espoir en l’OCS et n’a pas manqué d’afficher plusieurs fois son attachement à cette organisation qui représente l’une des priorités de la politique extérieure chinoise.

Cela a été d’ailleurs été confirmé à maintes reprises dans les principaux médias chinois.

  • L’Inde et le Pakistan deviendront donc eux membres à part entière sous peu.
  • L’Iran a de grandes chances de les suivre.
  • La Biélorussie, la Mongolie et l’Afghanistan sont pour le moment observateurs.

Des pays comme la Syrie, l’Égypte ou encore le Bangladesh ont quant à eux exprimé leur volonté de devenir membres-observateurs.

Organisation de coopération de Shanghai
© Sputnik.

Bref, le monde poursuit son avancée. Et cette avancée n’est plus dictée par l’Occident. En tout cas de moins en moins. Ce qui prouve une fois encore que la multipolarité se renforce de jour en jour.

Il était assez drôle d’observer les réactions hystériques de certains politiciens et diplomates occidentaux par rapport au fameux Brexit, en allant même d’accuser ouvertement la Russie et Poutine d’être les « grands gagnants » de cette histoire. Pour répondre à cela, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avait parlé de « cas cliniques » et qu’il n’était pas habilité à faire d’autres commentaires car n’ayant pas reçu de formation médicale… Difficile de dire mieux.

En effet, l’Occident politique s’est tellement obsédé à l’idée de son « exceptionnalisme » et de son « rôle spécial » pour l’humanité, qu’il en devient hystérique à voir qu’à d’autres endroits du monde il ne représente plus un intérêt si important. Le Brexit, le Frexit, ou quoi d’autres encore: tout cela est le choix souverain des Européens. Que nous respectons.
Mais pour autant il serait surtout bon que les Occidentaux comprennent, en premier lieu les élites occidentales, qu’un autre monde a déjà vu le jour. Et ce nouveau monde, c’est cela notre priorité. Le modèle occidental de la vision du monde a montré toutes ses limites, et surtout ses bassesses.Une large partie de l’humanité n’en veut tout simplement plus. Donc il faudra s’y faire à cette réalité.

Et pendant que les élites washingtoniennes et bruxelloises continueront leurs « débats » sans fin sur l’avenir de l’UE, à notre niveau on poursuivra l’intégration eurasiatique, tout comme celle de l’OCS et des BRICS. A chacun ses priorités.

Asie.
source / https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201606271026187776-ocs-tachkent-elargissement/

 

2/- Quel impact aura l’adhésion de l’Inde et du Pakistan à l’Organisation de coopération de Shanghai?

27 juin 2016 | Tolga Bilener – Enseignant-chercheur à l’Université Galatasaray à Istanbul | Actualités internationales
Le premier ministre de l'Inde, Narendra Modi, en compagnie du président de la Russie, Vladimir Poutine, le 24 juin dernier
Photo: Mikhail Klimentyev Agence France-Presse Le premier ministre de l’Inde, Narendra Modi, en compagnie du président de la Russie, Vladimir Poutine, le 24 juin dernier
Les yeux de l’opinion publique mondiale sont tournés vers les résultats du référendum de Brexit ou les développements du Moyen-Orient. Cependant, un autre événement ayant le potentiel de modifier profondément la structure sécuritaire du continent asiatique s’est déroulé aussi la semaine dernière.L’adhésion de l’Inde et du Pakistan à l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), lors du sommet de Tachkent, en Ouzbékistan, les 23 et 24 juin, nous pousse à réfléchir sur les équilibres géopolitiques de l’Asie.

Ces deux pays, jusqu’ici observateurs au sein de cette organisation, avaient fait leur demande d’adhésion il y a une dizaine d’années. Les deux puissances majeures au sein de l’OCS, soit la Russie et la Chine, ont apparemment décidé que le temps de les accueillir est enfin venu.

L’origine de l’OCS remonte aux années 1990, quand la Russie, la Chine et quatre républiques ex-soviétiques de l’Asie centrale ont décidé de se rencontrer de façon informelle mais régulière afin de parler sur la coopération sécuritaire et économique. Avec l’accès au pouvoir de Vladimir Poutine en Russie en 1999, les choses se sont accélérées, et l’OCS a officiellement vu le jour en 2001.

Cet élargissement est probablement la décision la plus importante que l’OCS a prise depuis. Toutes les puissances nucléaires du continent asiatique (à l’exception de la Corée du Nord) sont désormais réunies au sein d’une même organisation de sécurité.

Contrebalancer l’OTAN 

Il y en a qui disent que l’Organisation de coopération de Shanghai est l’OTAN asiatique. Bien sûr, cette organisation n’est pas encore comparable à l’Alliance atlantique. La Chine ou la Russie n’ont jamais parlé d’une éventuelle intention de transformer l’OCS en une alliance militaire à proprement parler. Pourtant, Moscou et Pékin insinuent de temps à autre que l’OCS a le potentiel de contrebalancer l’OTAN, si ses membres décidaient de le faire.

L’OCS a jusqu’à maintenant donné l’impression d’une organisation bicéphale, la Russie insistant sur l’aspect sécuritaire, et la Chine sur le potentiel économique. Avec l’adhésion de deux puissances asiatiques supplémentaires, l’OCS peut devenir encore plus compliquée à gérer. En fait, la Chine a longtemps refusé de laisser entrer l’Inde dans l’OCS ; mais finalement c’est la Russie qui a eu gain de cause, dans l’espoir de réduire l’influence chinoise au sein de l’organisation. En échange, la Chine a obtenu l’adhésion simultanée du Pakistan, pays avec lequel Pékin entretient des relations traditionnellement proches.

 

Il est connu que l’Inde et le Pakistan ont des relations compliquées, marquées par des guerres successives et la question de Cachemire qui reste à ce jour non réglée. Il est difficile de prévoir si leur accession à l’OCS leur offrira une occasion de se rapprocher, ou bien si cela va simplement transformer l’OCS en une organisation complètement ingérable, dépourvue de tout objectif commun.

 

Il est également difficile de dire comment l’Inde va pouvoir concilier son adhésion au sein de l’OCS avec sa politique de rapprochement sécuritaire avec les États-Unis. En plus, l’Inde s’est montrée toujours inquiète de l’expansion du « collier de perles » chinois, c’est-à-dire du réseau de bases navales de la Chine sur les rives de l’océan Indien. Une entente en matière sécuritaire entre New Delhi et Pékin reste donc assez difficile à obtenir.

Cependant, les membres de l’OCS n’auront pas trop de difficultés à trouver un ennemi commun, malgré leurs divergences : le terrorisme islamiste. Cette menace occupe une place importante dans les discours politiques de ces pays et peut offrir un terrain de coopération, en renforçant la cohésion interne de l’OCS.

source/http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/474263/asie-quel-impact-aura-l-adhesion-de-l-inde-et-du-pakistan-a-l-organisation-de-cooperation-de-shanghai

3/- Un contrepoids à l’OTAN à l’Est ?

Alors que l’Organisation de Coopération de Shanghai réunit d’ores et déjà le Kazakhstan, le Tadjikistan, le Kirghizistan, l’Ouzbékistan, la Chine ainsi que la Russie, l’Inde et le Pakistan ont fait part de leur volonté de rejoindre l’organisation à l’occasion d’un sommet ce week-end à Tachkent.
 
27 juin 2016 –Interview de Jean-Vincent Brisset – Atlantico

L’Inde et le Pakistan ont récemment fait connaître leur volonté de rejoindre l’Organisation de coopération de Shanghai, qui réunit notamment le Kazakhstan, le Tadjikistan, le Kirghizistan, l’Ouzbékistan, la Chine et la Russie. De nombreuses analyses dépeignent l’OCS comme un projet visant à faire face à l’OTAN. Qu’en est-il concrètement ? Que peut-on dire des enjeux qui sous-tendent cette expansion de l’OCS ?

Vouloir présenter l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) comme un contrepoids à l’OTAN est, je crois, assez étonnant.
  • L’Organisation de coopération de Shanghai n’est pas (dans un premier temps, au moins) une organisation militaire.
  • Ces pays, par ailleurs, n’ont absolument aucune vocation à être alliés.
  • A l’inverse, les différentes nations qui composent l’organisation se sont mises d’accord sur une coopération en matière de renseignement et en matière d’entraide policière vis-à-vis d’un ennemi commun.
  • Cet ennemi commun, c’est le fondamentalisme islamique.

Souvent, on parle d’OTAN parce que l’Organisation de coopération de Shanghai rassemble de nombreux pays, mais ils sont loin de mettre en commun autant de choses que ne le font les pays qui composent l’OTAN.

Vis-à-vis de l’OTAN et des États-Unis, il me semble qu’un certain nombre de gens ont abandonné tout rapport à la réalité pour s’ancrer dans une forme d’anti-otanisme primaire et d’anti-étatsunisme primaire particulièrement bon ton en ce moment.

Encore une fois, l’OCS et l’OTAN n’ont pratiquement rien en commun : il n’y a pas, ou très peu, de rapports entre les deux ; bien qu’il existe certainement au sein de l’OTAN des individus prêts à critiquer toute organisation comprenant la Russie et/ou la Chine.Dans un cas comme dans l’autre, c’est une absence de bon sens et de raisonnement pratique.

Cela n’a pas de rapport avec la réalité : une base de données, des échanges, quelques exercices policiers en commun, des échanges entre gardes-frontières et douaniers.

  • Il n’y a pas de forces communes à l’OCS et avant que cela ne soit le cas, un certain temps devrait s’écouler.

Rappelons-nous que la Chine et l’Inde n’ont pas vocation à devenir alliées : une guerre les opposaient en 1962 et il existe encore des contentieux solides.

D’autre part, la Chine n’a pas d’alliés et refuse catégoriquement d’en avoir.

  • Si l’Inde et le Pakistan ont effectivement très envie de rejoindre l’Organisation, je suis loin d’être sûr que ce désir soit partagé par la Chine, qui ne souhaite pas nécessairement voir l’Inde ou le Pakistan rejoindre l’OCS de plein droit.

En revanche, la Russie – et le Kazakhstan en particulier – seraient, à l’inverse, tout à fait d’accord à leur arrivée. Comme dit précédemment, les enjeux relèvent essentiellement de l’échange de renseignement :

  • l’Inde comme le Pakistan sont tous deux victimes du terrorisme fondamentaliste et manquent cruellement de données dans un continent où les courants fonctionnent dans tous les sens. Pour accéder aussi bien à une banque de renseignements qu’à une coopération policière,l’Inde comme le Pakistan (dont les intérêts sont pourtant très généralement opposés) ont tout à gagner à accéder à de telles informations.

Quelles sont les motivations exactes de l’Inde et du Pakistan pour rejoindre l’OCS ?

Commençons par rappeler les informations primordiales : l’Organisation de la coopération de Shanghai n’a pas vocation à mener d’autres missions que celles précédemment évoquées.

  • Elles ne se limitent pas tout à fait – mais comprennent en grande partie – à la lutte contre le terrorisme islamique, dans la mesure où ce n’est pas la seule forme de terrorisme à frapper le continent.
  • Il existe également d’autres formes de terrorisme, comme des groupes indépendantistes ou irrédentistes, divers et variés.
Cependant, la plus grosse tâche à laquelle s’attèle l’OCS, c’est bien le terrorisme fondamentaliste islamiste.C’est la principale motivation des acteurs qui rejoignent ou participent à l’OCS. Cependant, il va de soi que tout renseignement est bon à prendre et peut présenter un intérêt à proprement parler. Cela ouvre donc évidemment d’autres possibilités.

 

Dans quelle mesure de nouvelles arrivées au sein de l’OCS sont-elles susceptibles de diluer l’influence de la Chine dans l’organisation ? Les relations entre l’Inde et la Chine pourraient-elles, à l’inverse, renforcer Vladimir Poutine ? Pour quelles conséquences ?

Les discussions devraient être assez intéressantes car, à ma connaissance, la Chine s’est toujours opposée à l’arrivée de pays disposant d’autres qualités que celle de co-observateurs, et tout particulièrement à l’arrivée de l’Inde.

Alors que, effectivement, le poids de la Russie et de l’Inde qui ont des rapports forts pourrait contrebalancer le poids de la Chine au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai.

L’Inde, si elle devient membre à part entière, nourrira des exigences qui compliqueraient la tâche de la Chine. Il est probable que de son côté, la Chine cherche à jouer sur un axe avec le Pakistan pour équilibrer le tout.

La question qui se pose est donc de savoir si l’OCS continuera à fonctionner sur un plan très technique relatif aux échanges de données, ou si ses acteurs vont commencer à ne plus se montrer l’ensemble des cartes.

  • Il existe d’ores et déjà des jeux de poker menteur et les renseignements sur les pénétrations musulmane – éventuellement terroriste – ou mongole – éventuellement terroriste – en Chine représentent des possibilités pour la Russie, le Pakistan, le Kazakhstan et le Tadjikistan.
  • Toute l’évolution dépend également des cultures : nous sommes là confrontés à un monde asiatique, dans lequel on ne prend pas d’engagement par écrits, à un monde slave qui s’est plus occidentalisé – le monde indien plus encore – ou les engagements écrits sont essentiels.
  • Ces deux façons de travailler vont entrer en collision… plus les communiqués seront longs et détaillés, moins il est probable qu’il y ait d’accord.
Jean-Vincent Brisset
 

Le Général de brigade aérienne (e.r.) Jean-Vincent Brisset est directeur de recherche à l’IRIS. Ses principaux domaines d’expertise sont les questions de défense et relations internationales, ainsi que la Chine et les questions stratégiques en Asie, continent sur lequel il a effectué de nombreuses missions.

Jean-Vincent Brisset est ingénieur de l’Ecole de l’Air, breveté pilote de chasse et diplômé de l’Ecole supérieure de Guerre aérienne. Il a étudié le chinois à l’Institut des Langues Orientales, puis à l’Université Normale de Taipei où il a résidé avant de séjourner pendant trois années à Pékin en tant qu’Attaché de l’Air. Il fut par ailleurs auditeur du Centre des Hautes études pour l’Afrique et l’Asie Moderne.

 Jean-Vincent Brisset a rejoint l’IRIS après avoir quitté le service actif en août 2001.

Auteur de plusieurs ouvrages sur la Chine, il fournit par ailleurs les données défense au sein de L’Année stratégique.

source/http://www.iris-france.org/78156-un-contrepoids-a-lotan-a-lest/


Sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Tachkent



27/06/2016

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