woman walking shadows
© Saeed Khan / AFP
Nos styles de marche individuels sont uniques. Suivant cet esprit, des informaticiens ont mis au point un nouveau système de reconnaissance des pas grâce à l'IA qui pourrait en théorie remplacer les scanners rétiniens et les empreintes digitales aux points de contrôle de sécurité, y compris les aéroports. 

Selon une nouvelle étude publiée dans Transactions on Pattern Analysis and Machine Intelligence, les réseaux neuronaux peuvent effectivement déceler des modèles révélateurs dans la démarche d'une personne qui pourraient être utilisés pour les reconnaître et les identifier avec une précision quasi parfaite. Ce nouveau système baptisé SfootBD est, peut-on lire, presque 380 fois plus précis que les méthodes précédentes. Il est également moins invasif que les autres systèmes de vérification biométrique comportementale tels que les scanners rétiniens ou les empreintes digitales. 

« Chaque humain a environ vingt-quatre facteurs de mouvements différents en marchant, ce qui donne à chaque individu une forme de marche unique et singulière », explique Omar Costilla Reyes, auteur principal de la nouvelle étude et informaticien à l'Université de Manchester. « Par conséquent, la surveillance de ces mouvements peut être utilisée comme une empreinte digitale ou un scanner rétinien pour reconnaître, identifier ou vérifier clairement un individu ». 

Pour créer le système, le chercheur explique avoir compilé une base de données composée de 20 000 signaux de pas de 127 individus. Chaque démarche a été mesurée en utilisant des coussins de pression sur le sol et une caméra à haute résolution. Un réseau neural résiduel profond a ensuite parcouru les données, analysant la répartition du poids, la vitesse de marche et les mesures tridimensionnelles de chaque style de marche. 

« Mettre l'accent sur la reconnaissance de la démarche non intrusive en surveillant la force exercée sur le sol pendant un pas est très difficile », poursuit le chercheur. « La distinction entre les variations subtiles d'une personne à l'autre est extrêmement difficile à définir manuellement, c'est pourquoi nous avons dû trouver un nouveau système d'IA pour résoudre ce problème d'un point de vue nouveau ». 

Pour tester le système, les chercheurs ont suivi les participants impliqués dans trois scénarios différents : les points de contrôle de sécurité des aéroports, les lieux de travail et directement à la maison. Les chercheurs ont également testé un groupe témoin d'imposteurs pour voir si l'IA pouvait déceler une personne essayant de tromper la démarche d'une autre personne. Les résultats ont montré qu'en moyenne, le système était précis à 100 % pour identifier les individus avec un taux d'erreur de seulement 0,7 %. 

Ce nouveau système présente néanmoins certaines limites : il nécessite l'utilisation de tapis de sol adaptés et d'une caméra haute résolution, de sorte que cette forme de surveillance et d'identification ne pourrait pas être utilisée n'importe où. De plus, l'outil ne peut s'appuyer que sur sa base de données, les seules personnes pouvant être identifiées seront donc celles dont les allures distinctives ont déjà été enregistrées et cataloguées dans le système. La collecte de photos pour la reconnaissance faciale semble donc plus facile à mettre en place. 

Commentaire : Aucun doute que les obstacles évoqués seront prochainement levés, c'est juste une question de temps. 

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