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Venezuela, sous coup d'État permanent

© AFP

Une tentative de putsch, soutenue en sous-main par Washington, 
a été déjouée les 11 et 12 février grâce à de jeunes officiers.

Des jeunes officiers des forces armées nationales bolivariennes ont permis qu'avorte, le 12 février 2015, une tentative de putsch impliquant de hauts gradés de l'aviation militaire et des civils liés à l'organisation d'extrême droite Primero Justicia.Le Venezuela est confronté, depuis le coup d'État éphémère d'avril 2002 contre Hugo Chavez, à ce que l'on pourrait appeler un « coup d'État permanent », une stratégie aussi évidente que cynique, une « guerre de basse intensité », implacable, menée sous la supervision et la planification nord-américaine. Le porte-parole du département d'État Jan Psaki a qualifié de « ridicules » les accusations du Venezuela contre les États-Unis. Caracas crierait : « Au loup ! » alors qu'il n'y aurait aucun danger.
Histoire de décrédibiliser les craintes fondées, preuves à l'appui, de la révolution bolivarienne et d'endormir la vigilance de son peuple et des soutiens internationaux. Le scénario putschiste, écrit aux États-Unis, est mis en œuvre par une opposition haineuse, revancharde, qui était au courant des préparatifs du coup d'État. Il s'agit, pour cette coalition (la MUD), qui va de l'ultradroite aux ex-sociaux-démocrates, de parvenir à diviser et à battre le chavisme, par la conjugaison déstabilisatrice de tous les moyens possibles.

Déstabilisation économique 
et guerre idéologique

En premier lieu, la guerre économique, via l'accaparement et le stockage illégal, à des fins spéculatives, d'aliments, de médicaments, de produits sanitaires... Via la spéculation tous azimuts, la hausse des prix, la contrebande, afin de fatiguer la population par des pénuries organisées, de provoquer la colère, d'inciter aux pillages. Les chavistes sont au gouvernement, mais la réalité du pouvoir économique reste encore majoritairement aux mains des patrons et de la droite.

Qui plus est, un embargo financier international se met peu à peu en place contre Caracas... La déstabilisation économique se double d'une guerre idéologique de tous les instants : désinformation, mensonges, manipulations, faux sondages, afin de créer un climat défaitiste à l'intérieur et de brouiller l'image internationale du pays, de l'isoler, en créant un effet repoussoir (les « experts » en intox ont attribué au Venezuela le plus important « risque pays »). Tout cela alimente une stratégie de la violence, renforcée par les sabotages, les infiltrations massives de groupes paramilitaires par la frontière colombienne (aujourd'hui disséminés partout dans le pays, y compris dans la capitale), l'assassinat de dirigeants chavistes, comme le jeune Robert Serra, etc.

Le gouvernement a exhibé des preuves (vidéos, photos...) de rencontres de diplomates de l'ambassade des États-Unis à Caracas avec des leaders de l'opposition, des officiers... Le président Maduro, entouré de l'état-major militaire et politique, a dénoncé la tentative de putsch et les ingérences des diplomates nord-américains. Il a appelé à renforcer la défense et la protection du pays ; les ambassadeurs vénézuéliens à l'étranger ont été invités à ne pas quitter leur poste. L'opposition est largement financée par la CIA, des « fondations » made in USA (l'Usaid, la NED...) ou espagnoles (celle d'Aznar). Au final, s'amplifie l'opération « Salida » (sortie) du président légitime, Nicolas Maduro, initiée par des « guarimbas » (barricades) sanglantes tenues jusqu'au printemps 2014.

Un soulèvement qu'ils travaillent à réussir cette fois. Les États-Unis y « mettent le paquet » et sont décidés à aller jusqu'au bout. Le plan putschiste « Jericho » prévoyait, notamment, le bombardement de centres stratégiques de la capitale par un avion étranger, « Super Tucano », modèle EMB-314B1, repeint aux couleurs du Venezuela. Cet avion (immatriculé N314TG) appartient à l'agence mercenaire américaine Blackwater Worldwide, également connue comme Academi, spécialisée dans le recrutement et l'entraînement de mercenaires pour des opérations ciblées à l'étranger.

Visa de sortie et quantité importante de dollars pour les conspirateurs

Le plan impliquait des conspirateurs, la plupart arrêtés. Les officiers en cause étaient en contact avec l'ambassade des États-Unis ; celle-ci leur avait octroyé un visa de sortie, au cas où, et une quantité importante de dollars. Le général de brigade de l'aviation Oswaldo Hernandez Sanchez et le député Julio Borges, responsable du parti Primero Justicia, apparaissent comme les principaux instigateurs, soutenus par un réseau de militaires d'active ou mis à l'écart, et des civils, dont le maire ex-social-démocrate (Antonio Ledezma) de la capitale métropolitaine. Sont impliqués également le général Maximiliano Hernandez Sanchez, le colonel José Suarez Romulo, le major César Arnoldo Pérez Carrero, le capitaine Hector José Noguera Figueroa (en fuite), et les premiers lieutenants Peter Alexander Moreno Guevara, Carlos Esqueda et Wilfredo Castillo, ainsi que le lieutenant Ricardo José Antich Zapata et Henry Javier Salazar Moncada, etc.

Le « golpe » (coup d'État) devait être précédé de la publication d'un manifeste appelant à la constitution d'un gouvernement provisoire. Les pays latino-américains de l'Unasur et leur secrétaire général Ernesto Samper, ex-président « libéral » de la Colombie, ont réaffirmé leur soutien au Venezuela face aux « ingérences » des États-Unis. Ernesto Samper a mis en garde contre « la préoccupante escalade de la violence » à l'égard de la démocratie vénézuélienne.

 



26/02/2015

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