L'écroulement de l'Union soviétique en 1991 a donné naissance à une idéologie étasunienne dangereuse appelée néoconservatisme. L'Union soviétique servait jusque là de limite à l'action unilatérale étasunienne mais lorsque cet obstacle à l'action de Washington a été aboli, les néoconservateurs ont pu inscrire à leur ordre du jour l'hégémonie mondiale étasunienne. 
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Les États-Unis d'Amérique sont devenus la « superpuissance unique », l'« uni-power », qui pouvait désormais agir sans aucune contrainte n'importe où dans le monde


Commentaire : Et ils ne se gênent pas : « Les États-Unis ont été en guerre 93 % du temps de leur existence depuis leur création en 1776 c'est à dire 222 des 239 années de son existence. » 

Voir aussi :

Le journaliste néoconservateur du Washington Post Charles Krauthammer a ainsi résumé « la nouvelle réalité » :
« Nous avons un pouvoir mondial écrasant. Nous sommes les gardiens historiquement désignés du système international. Quand l'Union soviétique est tombée, quelque chose de nouveau est né, quelque chose de tout à fait nouveau - un monde unipolaire dominé par une seule superpuissance incontrôlée sans aucun rival et qui jouit d'une portée déterminante dans n'importe quel endroit du monde. C'est un développement écrasant et totalement nouveau dans l'histoire, qu'on n'a plus vu depuis la chute de l'empire romain. Et même l'empire romain n'était pas comparable à ce qu'est l'Amérique d'aujourd'hui. »

Commentaire : Et tout comme l'Empire romain, celui dans lequel nous vivons au travers de l'Empire US auquel les pays occidentaux sont soumis, est également sur une pente descendante... jusqu'à l'écroulement total. 


L'effarant pouvoir unipolaire que l'histoire a donné à Washington doit être protégé à tout prix. En 1992, le Sous-secrétaire Paul Wolfowitz, haut responsable du Pentagone, a mis au point la Doctrine Wolfowitz, devenue depuis la base de la politique étrangère de Washington. 

La Doctrine Wolfowitz déclare que « le premier objectif » de la politique étrangère et militaire étasunienne doit être d'« empêcher la renaissance d'un nouveau rival, sur le territoire de l'ancienne Union soviétique ou ailleurs, qui constitue une menace (à l'action unilatérale américaine) de l'ordre autrefois instauré par l'Union soviétique. Ceci est une considération dominante qui sous-tend la nouvelle stratégie de défense régionale et exige que nous nous efforcions d'empêcher toute puissance hostile d'étendre sa domination sur une région dont les ressources, placées sous tutelle, suffiraient à générer un pouvoir étendu au monde entier. » (« Une puissance hostile » étant dans ce contexte un pays suffisamment fort pour avoir une politique étrangère indépendante de Washington.) 

L'affirmation unilatérale du pouvoir étasunien commence vraiment sérieusement pendant le mandat de Clinton avec les interventions en Yougoslavie, en Serbie, au Kosovo et par la zone d'exclusion aérienne imposée à l'Irak. En 1997, les néoconservateurs ont rédigé leur « Projet pour un nouveau siècle étasunien ». En 1998, trois ans avant le 11-Septembre, les néoconservateurs ont envoyé une lettre au président Clinton demandant un changement de régime en Irak et « le renversement de Saddam Hussein ». Les néoconservateurs exposent leur programme de renversement de sept gouvernements en cinq ans

Les événements du 11 septembre 2001 sont considérés par les gens bien informés comme « le nouveau Pearl Harbour » dont les néoconservateurs avaient besoin pour commencer leurs guerres de conquête dans le Moyen-Orient. Paul O'Neil, le premier Ministre de l'Economie et des Finances du président George W. Bush, a déclaré publiquement que l'ordre du jour du président lors de la première réunion de Bush avec son cabinet était l'invasion de l'Irak. Cette invasion a été planifiée avant le 11-Septembre. Depuis, Washington a détruit entièrement ou partiellement huit pays et affronte maintenant la Russie tant en Syrie qu'en Ukraine


Commentaire : Voir aussi « La face cachée du pétrole - Le partage du monde et les grandes manipulations » :
Dès ses débuts, l'industrie pétrolière est marquée par la rivalité entre l'Américain Rockefeller et les frères Nobel, installés à Bakou, en mer Caspienne. La Première Guerre mondiale est gagnée en grande partie grâce au pétrole acheminé auprès des forces alliées par la Standard Oil of New Jersey, appartenant à John D. Rockefeller. Des livraisons suspendues en 1916, lorsque le magnat américain apprend le partage du Moyen-Orient (dont il convoite le sous-sol) entre Britanniques et Français. Dès 1928, dix-sept ans avant Yalta, les dirigeants des compagnies pétrolières se partagent le monde au terme d'un accord dont les termes resteront cachés jusqu'en 1952... 

Le second épisode dissèque ce qui a été soigneusement dissimulé aux opinions publiques. Des témoins directs expliquent notamment comment le choc pétrolier de 1973 ne fut qu'une gigantesque manipulation orchestrée par les compagnies pétrolières qui souhaitaient, en favorisant la hausse des prix du baril, dégager d'importants bénéfices pour favoriser leurs investissements en mer du Nord et en Alaska. Pour la première fois, l'homme au cœur de cette stratégie, Roger Robinson, explique comment l'administration Reagan a utilisé l'arme du pétrole saoudien pour faire chuter les cours mondiaux et provoquer l'effondrement de l'Union soviétique...
Et cela ressemble à ce qu'il se produit aujourd'hui, avec les chutes des cours du pétrole pour affaiblir la Russie (entre autres, car nous sommes dans une situation multi-factorielle), à l'aube du retour du pétrole iranien sur le marché mondial... Les saoudiens ne le voit pas d'un très bon œil, pour le moins ! 


La Russie ne peut permettre l'établissement d'un Califat djihadiste dans une zone comprenant la Syrie et l'Irak, car ce serait une base d'exportation de la déstabilisation dans les Républiques musulmanes de la Fédération de Russie. Henry Kissinger lui-même a confirmé ce point, suffisamment évident pour toute personne dotée d'un cerveau. Cependant, les néoconservateurs, fanatiques ivres de pouvoir, qui ont contrôlé les régimes de Clinton, Bush et Obama, sont si absorbés dans leur propre orgueil et arrogance qu'ils sont prêts à pousser la Russie à bout, au point d'inciter leur marionnette turque à abattre un avion russe et à renverser le gouvernement démocratiquement élu en Ukraine, alors en bons termes avec la Russie, en le remplaçant par un gouvernement fantoche étasunien

Dans ce contexte, nous pouvons comprendre que la situation dangereuse auquel le monde est confronté est le produit de la politique arrogante d'hégémonie mondiale des néoconservateurs étasuniens. Les erreurs de jugement et les dangers dans les conflits syrien et ukrainien sont les conséquences de l'idéologie néoconservatrice. 

Afin de perpétuer l'hégémonie étasunienne, les néoconservateurs ont rejeté les garanties que Washington avait données à Gorbatchev que l'OTAN ne se déplacerait pas vers l'Est d'un centimètre. Les néoconservateurs ont poussé au retrait des Etats-Unis du traité ABM, lequel spécifiait que ni les Etats-Unis ni la Russie ne développeraient ni ne déploieraient de missiles antibalistiques. Les néoconservateurs ont réécrit la doctrine de guerre étasunienne et transformé le rôle des armes nucléaires, les faisant passer de force de représailles à celui de force de frappe préventive de premier plan. Les néoconservateurs ont commencé à installer des bases ABM aux frontières russes, tout en prétendant que ces bases avaient pour but de protéger l'Europe des attaques de missiles nucléaires balistiques intercontinentaux iraniens inexistants

© Service de presse du Kremlin.
Vladimir Poutine à la tribune de l’AG de l’ONU, le 28 septembre 2015
La Russie et son président, Vladimir Poutine, ont été diabolisés par les néoconservateurs et leurs marionnettes au sein du gouvernement des Etats-Unis et des médias. Par exemple, Hillary Clinton, candidate à l'investiture présidentielle démocrate, a déclaré que Poutine était un « nouveau Hitler ». Un ancien officiel de C.I.A. a appelé à l'assassinat de Poutine. Les candidats au poste présidentiel dans les deux partis rivalisent d'agressivité envers la Russie et d'insultes à l'encontre du président russe. 

Cela a eu pour effet de détruire la confiance existant entre les puissances nucléaires. Le gouvernement russe a appris que Washington ne respecte pas ses propres lois et encore moins le droit international et qu'on ne peut lui faire confiance dans le respect des accords. Ce manque de confiance, joint à l'agression envers la Russie déversée par Washington ainsi que par les médias prostitués, répercuté par la stupidité des capitales européennes, a posé les fondements d'un conflit nucléaire. Comme l'OTAN (essentiellement les Etats-Unis) n'a aucune perspective de victoire sur la Russie dans une guerre conventionnelle, et encore moins de mise en déroute de l'alliance entre la Russie et la Chine, ce conflit sera nucléaire. 


Commentaire : Peut-on arguer que la Troisième Guerre mondiale a déjà commencée ? Certes, elle ne ressemblerait pas aux guerres « conventionnelles », mais des armes telles que l'économie, le diviser pour mieux régner par les guerres intestines, ou la « cybercriminalité » dans un monde globalisé, servent aussi le propos d'une guerre, tout en ayant l'air de ne pas en être une... 


Afin d'éviter la guerre, Poutine demeure non-provocateur et discret dans ses réponses aux provocations occidentales. Le comportement responsable de Poutine, cependant, est interprété à tort par les néoconservateurs comme un signe de faiblesse et de crainte. Les néoconservateurs ont incité le président Obama à mettre la pression sur la Russie pour qu'elle cède. Cependant, Poutine a précisé que la Russie ne cédera pas. Poutine a envoyé ce message à de nombreuses occasions. Par exemple, le 28 septembre 2015, au 70e anniversaire des Nations Unies, Poutine a déclaré que la Russie ne pouvait plus tolérer l'état actuel des choses dans le monde. Deux jours plus tard, Poutine a pris la tête de la guerre contre l'Etat islamique (Daech) en Syrie. 

Les gouvernements européens, particulièrement ceux d'Allemagne et du Royaume-Uni, sont complices de l'évolution vers la guerre nucléaire. Ces deux Etats vassaux de l'Amérique facilitent l'imprudente agression de Washington envers la Russie en répandant la propagande de Washington et en soutenant les sanctions de Washington ainsi que les interventions contre d'autres pays. Tant que l'Europe ne sera rien de plus qu'une extension de Washington, la perspective de l'apocalypse continuera à croître. 

Nous ne pouvons à présent plus éviter la guerre nucléaire que de deux manières. 

L'une serait que la Russie et la Chine rendent les armes et acceptent l'hégémonie de Washington. 

L'autre alternative serait un leader indépendant en Allemagne, au Royaume-Uni ou en France montant au créneau et se retirant de l'OTAN. Ce serait le début d'un abandon général de l'OTAN, principal outil de conflit avec la Russie et donc la plus dangereuse des forces au monde pour tous les pays européens et pour le monde entier.